14/12/2025
Endémicité de la schistosomiase en Afrique
La schistosomiase est l’une des maladies parasitaires les plus endémiques en Afrique, où se concentre près de 90 % de la charge mondiale. Elle reste un marqueur clair des inégalités structurelles : pauvreté, accès limité à l’eau potable, assainissement insuffisant et dépendance aux eaux de surface.
Répartition géographique et espèces dominantes
a. Afrique subsaharienne
Zone la plus touchée, avec des foyers intenses en Afrique de l’Ouest, centrale et orientale.
b. Espèces principales
- Schistosoma haematobium → schistosomiase urogénitale (la plus répandue en Afrique).
- Schistosoma mansoni → schistosomiase intestinale (surtout Afrique centrale et orientale).
- Les zones à forte endémicité suivent les bassins fluviaux, lacs et périmètres irrigués (Nil, Niger, Congo, Volta, lac Victoria).
Qui sont les plus exposées
a. Enfants d’âge scolaire : baignade, jeux et tâches domestiques dans les eaux contaminées.
b. Agriculteurs, pêcheurs, lavandières : exposition professionnelle quotidienne.
c. Femmes et filles : risque spécifique de schistosomiase génitale féminine, souvent sous-diagnostiquée.
Facteurs expliquant la persistance de l’endémicité
- Contact fréquent avec des eaux douces contaminées (absence d’alternatives).
- Présence de mollusques hôtes intermédiaires adaptés aux écosystèmes locaux.
- Urbanisation non planifiée et projets hydrauliques (barrages, irrigation).
- Couverture incomplète des traitements de masse et faible intégration WASH.
- Sous-diagnostic chronique, surtout des formes génitales et subcliniques
Réponse actuelle et limites
- Traitement de masse par praziquantel : efficace mais insuffisant seul.
- Progrès réels dans certains pays, mais recrudescence locale dès l’arrêt ou l’irrégularité des campagnes.
- L’élimination durable exige une approche intégrée : traitement + eau potable + assainissement + changement de comportements + surveillance.