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La confiance en soi ne se perd pas — elle se cacheBeaucoup de personnes croient manquer de confiance. En réalité, elles ...
25/03/2026

La confiance en soi ne se perd pas — elle se cache

Beaucoup de personnes croient manquer de confiance. En réalité, elles ont appris, souvent très tôt, que leur valeur dépendait de leurs performances, de l'approbation des autres, ou de l'absence d'erreurs. Ce n'est pas un manque de confiance : c'est une confiance conditionnelle, fragile, construite sur du sable.

Le vrai blocage aujourd'hui n'est pas l'absence de capacités — c'est la fusion douloureuse entre ce qu'on fait et ce qu'on est. Chaque échec devient alors une sentence identitaire. Et pour se protéger, on évite, on se retient, on se tait. Ce mécanisme d'évitement, décrit par la psychologie cognitive, entretient et renforce la croyance négative : "Je ne suis pas à la hauteur."

Reconstruire la confiance, ce n'est pas se motiver davantage. C'est apprendre à dissocier sa valeur intrinsèque de ses résultats. C'est tolérer l'imperfection sans s'effondrer. C'est passer de la validation externe à une régulation interne stable.

Un travail profond — mais absolument possible.

Cas psychologique — Avortement, culpabilité et surmoi persécuteurLecture psychanalytique : entre mélancolie freudienne, ...
22/03/2026

Cas psychologique — Avortement, culpabilité et surmoi persécuteur

Lecture psychanalytique : entre mélancolie freudienne, position dépressive kleinienne et sacrifice narcissique

Introduction clinique

Il s’agit d’une patiente de 26 ans présentant un retrait social progressif, des troubles du sommeil, une irritabilité généralisée, des conduites auto-agressives et la perception de voix internes, apparus après deux interruptions volontaires de grossesse vécues comme contraires à ses convictions morales.

La patiente rapporte avoir toujours considéré l’avortement comme inacceptable sauf dans des circonstances extrêmes.
Elle indique avoir néanmoins accepté ces interruptions afin de préserver la relation avec son partenaire, qu’elle percevait comme psychologiquement fragile.

Depuis ces événements, elle présente un sentiment intense de remords, associé à l’impression que de nombreux éléments du quotidien lui rappellent l’acte posé.
Elle décrit également des conduites d’auto-punition, une colère dirigée contre elle-même, ainsi qu’une difficulté à maintenir des relations sociales.

L’histoire personnelle est marquée par une relation conflictuelle avec la figure paternelle et par une relation amoureuse actuelle caractérisée par une forte ambivalence et une absence de définition claire du lien.

La question clinique se pose alors :
s’agit-il d’un épisode dépressif, d’un état traumatique, ou d’un conflit intrapsychique plus profond impliquant le surmoi, l’idéal du moi et les identifications parentales ?

1 — Lecture freudienne : culpabilité, mélancolie et surmoi

Dans Deuil et mélancolie (Freud, 1917), la culpabilité excessive est décrite comme le résultat d’un retournement de l’agressivité contre le moi.

Dans ce cas, l’avortement peut être vécu comme la perte d’un objet investi, mais aussi comme une faute morale.
L’objet perdu n’est pas seulement l’enfant, mais aussi l’image idéale de soi.

La patiente ne se reproche pas seulement un acte, elle se reproche d’être devenue quelqu’un capable de cet acte.

Le surmoi devient alors accusateur et persécuteur.

Les voix internes peuvent être comprises comme l’expression de ce surmoi :
• reproche
• condamnation
• auto-jugement
• besoin de punition

Les conduites auto-agressives peuvent avoir une fonction expiatoire.
Souffrir permet de réparer symboliquement la faute.

Nous sommes ici proches d’une configuration mélancolique, où le sujet s’identifie à l’objet perdu et dirige contre lui-même l’agressivité.

2 — Lecture kleinienne : position dépressive et culpabilité réparatrice

Dans la théorie de Mélanie Klein, la culpabilité apparaît lorsque le sujet accède à la position dépressive, c’est-à-dire lorsqu’il reconnaît que l’objet aimé est aussi l’objet qu’il a attaqué.

Dans ce cas, la patiente peut vivre l’avortement comme une destruction de l’objet interne.

L’enfant imaginaire peut représenter :
• un objet aimé
• un objet narcissique
• un objet réparateur
• un objet maternel

L’interruption de grossesse peut alors être vécue comme une attaque contre cet objet.

La culpabilité devient une tentative de réparation.

Les conduites auto-agressives peuvent être comprises comme :
• punition
• réparation
• tentative de restaurer l’objet interne

La surcharge de sens observée (dates, lieux, sensations) peut correspondre à une difficulté à élaborer la perte.

Lorsque la symbolisation échoue, la réalité se charge de significations.

3 — Winnicott : sacrifice du vrai self et faux self relationnel

Chez Winnicott, certaines souffrances apparaissent lorsque le sujet renonce à son vrai self pour maintenir le lien avec l’objet.

La patiente indique avoir accepté l’avortement pour préserver son partenaire.

Cela peut correspondre à une position de faux self :
• je fais ce que l’autre attend
• je renonce à mon désir
• je me conforme pour ne pas perdre le lien

Mais lorsque le vrai self est sacrifié, une dépression peut apparaître.

La souffrance ne vient pas seulement de l’acte, mais du sentiment de s’être trahie.

Le retrait social peut alors être compris comme une tentative de protection du vrai self.

L’auto-agression peut traduire la haine dirigée contre le faux self.

4 — Lecture lacanienne : désir de l’Autre, faute et jouissance de la culpabilité

Dans une perspective lacanienne, la question centrale est celle du désir de l’Autre.

La patiente semble avoir agi pour répondre au désir du partenaire.

Elle n’a pas agi selon son désir propre.

Le sujet peut alors éprouver une faute subjective : « J’ai trahi mon désir »

La culpabilité ne vient pas seulement de l’acte, mais du fait d’avoir cédé sur son désir.

Lacan parle de la culpabilité comme liée au renoncement au désir.

Les phénomènes de répétition et de surcharge de sens peuvent être compris comme une tentative de symboliser un réel resté sans signification.

Les voix peuvent représenter la parole du surmoi : «Tu as cédé » «Tu as fauté »«Tu dois payer »

La jouissance de la culpabilité peut maintenir le symptôme.

Le sujet souffre, mais cette souffrance donne une cohérence à son histoire.

5 — Hypothèse structurale

Ce tableau peut correspondre à :
• organisation névrotique avec culpabilité sévère
• fonctionnement borderline avec auto-punition
• état dépressif mélancolique
• désorganisation sous conflit moral intense

La présence de voix ne suffit pas à conclure à une psychose.

Dans certaines configurations, le surmoi peut devenir persécuteur sans rupture avec la réalité.

6 — Orientation thérapeutique psychanalytique

Le travail ne consiste pas à supprimer la culpabilité,
mais à en comprendre la logique.

Axes possibles :
• élaboration du rapport au père
• analyse du choix amoureux
• exploration du sacrifice
• travail sur l’idéal moral
• mise en mots de la perte
• différenciation entre désir propre et désir de l’autre

L’objectif est que la patiente puisse passer de : « Je dois être punie » à « J’ai été prise dans un conflit que je ne pouvais pas résoudre autrement »

Lorsque le conflit devient pensable,
le besoin de se punir diminue.

Conclusion

Dans ce cas, la souffrance ne peut être comprise uniquement en termes diagnostiques.

Elle s’inscrit dans un conflit entre idéal, désir, amour et culpabilité.

L’avortement n’est pas seulement un événement, mais un point de rupture dans l’histoire subjective.

Lorsque le sujet ne peut pas symboliser ce qu’il a vécu, le surmoi parle à sa place, et la culpabilité devient la forme que prend la vérité intérieure.

La psychanalyse permet alors de lire le symptôme non comme une erreur, mais comme une tentative du psychisme de rester fidèle à lui-même.






Avec Ephod  – Je fais désormais partie de ses super fans ! 🎉
12/03/2026

Avec Ephod – Je fais désormais partie de ses super fans ! 🎉

La Journée Internationale des Droits des Femmes n’est pas seulement une date symbolique, ni une simple célébration socia...
08/03/2026

La Journée Internationale des Droits des Femmes n’est pas seulement une date symbolique, ni une simple célébration sociale. Elle représente, du point de vue de la psychologie clinique, un rappel puissant que l’histoire des femmes est aussi une histoire de luttes psychiques invisibles : luttes pour être reconnues comme sujet, pour penser librement, pour désirer sans culpabilité, pour exister sans devoir se justifier.

Pendant longtemps, la souffrance féminine a été interprétée à travers des prismes biaisés — hystérie, fragilité, dépendance — comme si l’émotion était une faiblesse plutôt qu’une réponse humaine à des contextes souvent contraignants. La clinique moderne nous apprend autre chose :
beaucoup de symptômes ne sont pas des signes d’incapacité, mais des formes de résistance intérieure face à des normes injustes, des violences symboliques ou des assignations identitaires trop étroites.

Dans le travail thérapeutique, on observe souvent que la reconstruction psychique chez les femmes passe par trois mouvements essentiels :
se réapproprier sa voix, redéfinir ses limites, et réhabiliter son droit au désir — désir d’être, désir de choisir, désir de vivre selon sa propre structure interne plutôt que selon le regard social.

La santé mentale ne consiste pas à correspondre à ce que la société attend d’une femme.
Elle consiste à devenir suffisamment libre intérieurement pour ne plus avoir à se trahir pour être acceptée.

En ce sens, la psychologie clinique nous rappelle une vérité simple mais exigeante :
une femme qui se comprend profondément devient moins manipulable, moins culpabilisable, et donc plus difficile à faire taire.
Et c’est précisément pour cela que le travail sur soi est aussi un acte de dignité.



Cas psychologique — Idées de référence et interprétation délirante du sensAnalyse clinique et référentiel DSM-5-TRIntrod...
05/03/2026

Cas psychologique — Idées de référence et interprétation délirante du sens
Analyse clinique et référentiel DSM-5-TR

Introduction clinique

Il s’agit d’un patient adulte reçu en consultation psychologique dans un contexte de difficultés relationnelles conjugales et d’un vécu subjectif marqué par une forte recherche de sens dans les événements de son environnement.

Le patient rapporte la conviction persistante que certains éléments de son environnement lui adressent des messages personnels. Il tente régulièrement d’interpréter divers stimuli neutres comme porteurs d’un sens qui lui serait spécifiquement destiné.

Lors d’une séance, le patient a interprété un tableau présent sur le mur derrière le bureau du psychologue — représentant un homme poussant une brouette — comme un message implicite du thérapeute lui suggérant de retourner vivre chez sa mère en province.

Le patient exprime également la croyance que son épouse aurait « fait quelque chose » dont il subirait actuellement les conséquences, bien qu’il ne parvienne pas à identifier précisément la nature de cet acte supposé.

Par ailleurs, le patient mentionne traverser une période de confusion psychique importante, décrivant un sentiment d’impasse mentale qu’il cherche à comprendre. Selon lui, s’il parvient à comprendre la situation dans laquelle il se trouve, tout pourrait « rentrer dans l’ordre ».

Le patient manifeste également un évitement marqué lorsqu’il est invité à évoquer certains événements de son enfance, notamment un épisode de harcèlement sexuel subi de la part d’une aide ménagère.

Observations cliniques lors de l’entretien

Au cours des séances, le patient se montre généralement cohérent dans son discours et orienté dans la réalité.

Toutefois, son raisonnement apparaît fortement influencé par des interprétations personnelles d’événements ordinaires.

Le patient décrit des moments de tension émotionnelle importante dans la relation conjugale. Lors de ces épisodes, il adopte un comportement de retrait marqué.

Il rapporte notamment qu’il lui arrive de placer sa main sur sa bouche pendant un certain temps, maintenant un mutisme prolongé envers son épouse, sans réaction verbale ou émotionnelle apparente.

À la suite de ces moments de retrait, il peut se retirer pour dormir plusieurs heures durant la journée, parfois jusqu’à quatre heures.

Lorsqu’il se réveille, il adopte souvent une posture réparatrice envers son épouse, exprimant des regrets et affirmant son désir de la rendre heureuse.

Ce fonctionnement oscillant entre tension, retrait et tentative de réparation apparaît récurrent dans son récit.

Analyse clinique et psychopathologique

L’analyse du matériel clinique met en évidence plusieurs éléments psychopathologiques structurants.

1 – Interprétation du sens et idées de référence

Le patient présente une tendance marquée à attribuer une signification personnelle à des stimuli neutres.
L’interprétation du tableau présent dans le bureau du thérapeute constitue un exemple illustratif de ce mécanisme.
Dans cette situation, un élément décoratif est interprété comme un message intentionnel du psychologue, adressé directement au patient.
Ce type de fonctionnement correspond aux idées de référence, définies dans le DSM-5-TR comme la tendance à percevoir des événements neutres comme ayant une signification particulière pour soi.
Cette interprétation apparaît exprimée avec une forte conviction subjective.

2 – Organisation interprétative du vécu

Le patient semble engagé dans une recherche constante de cohérence explicative.
Il exprime l’idée qu’une situation inconnue ou un acte commis par son épouse pourrait être à l’origine de sa souffrance actuelle.
Cette représentation semble fonctionner comme une tentative de donner un sens à un malaise interne difficilement compréhensible pour lui.
Le patient formule régulièrement l’hypothèse que la compréhension complète de la situation permettrait de résoudre ses difficultés psychiques.

3 – Régulation émotionnelle par le retrait

Lors des épisodes de tension relationnelle, le patient adopte des conduites de retrait marquées.
Le geste consistant à placer la main sur la bouche accompagné d’un mutisme prolongé peut être compris comme une tentative de contrôle ou d’inhibition émotionnelle.
Le sommeil prolongé qui suit ces épisodes peut représenter une forme de retrait psychique ou de régulation face à une surcharge émotionnelle.

4 – Oscillation entre tension et réparation relationnelle

Après les épisodes de retrait, le patient adopte une posture réparatrice envers son épouse.
Il exprime des excuses et manifeste un désir de rétablir l’harmonie conjugale.
Cette alternance peut refléter une dynamique interne oscillant entre frustration, culpabilité et tentative de restauration du lien affectif.

5 – Évitement du matériel traumatique

Le refus d’aborder les événements traumatiques de l’enfance constitue un élément clinique significatif.
L’évitement du souvenir de harcèlement sexuel évoqué suggère la présence possible de mécanismes défensifs visant à maintenir à distance des affects douloureux non élaborés.

Hypothèses cliniques selon le DSM-5-TR

À ce stade de l’évaluation, plusieurs hypothèses diagnostiques peuvent être envisagées dans une perspective exploratoire.

1 – Trouble délirant (à explorer)

La présence d’idées de référence et d’interprétations personnelles du sens des événements peut évoquer un trouble délirant, notamment de type interprétatif.
Dans ce type de fonctionnement, le sujet construit un système explicatif reposant sur des interprétations personnelles d’événements ordinaires.
Le fonctionnement global peut rester relativement préservé en dehors de ces interprétations.
Une évaluation complémentaire demeure nécessaire afin de déterminer la stabilité et l’extension de ces croyances.

2 – Trouble psychotique non spécifié (hypothèse différentielle)

Si les interprétations deviennent plus envahissantes ou s’accompagnent d’autres manifestations telles que des hallucinations ou une désorganisation de la pensée, un trouble psychotique plus large pourrait être envisagé.
Aucun élément de ce type n’est actuellement objectivé dans le matériel clinique disponible.

3 – Facteur traumatique (axe contributif)

Le traumatisme sexuel infantile non élaboré peut constituer un facteur de vulnérabilité psychique.
Les expériences traumatiques précoces non symbolisées peuvent favoriser des mécanismes défensifs tels que la projection, la méfiance relationnelle ou la recherche de sens dans l’environnement.

Hypothèse psychodynamique

Du point de vue psychodynamique, le fonctionnement du patient peut être compris comme une tentative de donner une cohérence symbolique à une tension interne difficilement élaborable.

Les interprétations du monde extérieur pourraient fonctionner comme une externalisation de conflits internes non représentés.

La conviction que « quelque chose a été fait » et qu’il en subit les conséquences peut évoquer un sentiment diffus de culpabilité ou de persécution interne.

Le recours à l’interprétation des signes extérieurs permettrait alors de maintenir à distance des affects douloureux liés à des expériences traumatiques précoces.

L’évitement du souvenir d’abus sexuel dans l’enfance suggère l’existence possible de mécanismes de clivage ou de refoulement visant à protéger l’équilibre psychique du patient.

Dans cette perspective, la recherche de messages dans l’environnement pourrait représenter une tentative inconsciente de donner une forme compréhensible à un vécu interne resté sans représentation.

Axes d’évaluation recommandés

1 – Entretiens cliniques complémentaires
• exploration du fonctionnement interprétatif
• clarification des croyances associées aux messages perçus
• exploration du vécu émotionnel lors des épisodes de tension conjugale

2 – Évaluation psychiatrique si nécessaire
• dépistage d’un éventuel trouble délirant
• exploration d’autres symptômes psychotiques éventuels

3 – Exploration progressive du vécu traumatique
• évaluation de l’impact du traumatisme infantile
• observation des mécanismes d’évitement et de défense

Axes d’intervention

• Renforcement de la capacité de mentalisation
• Exploration progressive des émotions associées aux interprétations
• Soutien de la régulation émotionnelle dans la relation conjugale
• Construction d’un espace thérapeutique sécurisant permettant une élaboration progressive du vécu traumatique
L’intervention vise principalement à favoriser la différenciation entre les perceptions externes et les expériences psychiques internes.

Points de vigilance

• rigidification des croyances interprétatives
• aggravation du retrait relationnel
• tensions conjugales croissantes
• maintien de l’évitement traumatique

En synthèse

Le tableau clinique présenté par ce patient met en évidence une tendance marquée à interpréter certains éléments de l’environnement comme porteurs de messages personnels, associée à des épisodes de retrait émotionnel et à une recherche persistante de sens face à un vécu interne confus.

Ces manifestations peuvent correspondre à des idées de référence nécessitant une exploration clinique approfondie afin de déterminer leur nature psychopathologique.
Le refus d’aborder un traumatisme sexuel infantile suggère également la présence possible de mécanismes défensifs importants dans l’économie psychique du patient.

À ce stade, aucun diagnostic définitif ne peut être posé sans évaluation complémentaire.

L’enjeu thérapeutique principal réside dans l’accompagnement progressif du patient vers une meilleure compréhension de ses états internes, afin que les significations qu’il cherche dans le monde extérieur puissent progressivement être reconnues et élaborées dans son propre espace psychique.

L’esprit humain possède une étrange capacité : lorsqu’une émotion ancienne n’a jamais été pensée ni racontée, elle cherche parfois à s’exprimer ailleurs — dans les regards, les gestes, les objets du quotidien.

La thérapie consiste souvent à ramener ces messages… là où ils ont toujours appartenu : dans l’histoire intérieure du sujet.





Cas psychologique — Représentation familiale et régulation émotionnelle chez l’enfantAnalyse clinique et référentiel DSM...
04/03/2026

Cas psychologique — Représentation familiale et régulation émotionnelle chez l’enfant
Analyse clinique et référentiel DSM-5-TR

Introduction clinique

Il s’agit d’une enfant âgée de 8 ans, scolarisée au primaire, adressée dans un contexte d’exploration d’une éventuelle anxiété ou d’un stress lié au milieu familial ou environnemental.

Le support d’évaluation utilisé est un dessin de la famille, outil projectif permettant d’explorer :
• la représentation du système familial
• la place subjective de l’enfant
• l’organisation affective
• les modalités de régulation émotionnelle

Aucun antécédent comportemental majeur n’est rapporté au moment de la passation.

Observations cliniques lors de la passation

L’enfant se montre calme et sereine.
Aucune hésitation, aucun effacement, aucune désorganisation motrice ne sont observés.
Le trait est appuyé, constant, sans tremblement.
L’enfant commence son dessin de gauche à droite.
Elle omet initialement de se dessiner elle-même ainsi que son père, qu’elle ajoute en dernier.
Aucun commentaire verbal spontané n’accompagne la production.

Analyse clinique et psychopathologique

Le dessin révèle plusieurs éléments structuraux intéressants.

1 – Organisation spatiale et représentation du système familial
Les personnages sont disposés horizontalement sur un même axe médian, formant une ligne continue.
Cette organisation suggère :
• une perception structurée du groupe familial
• une représentation relativement homogène des membres
• absence de hiérarchisation manifeste
Aucun membre n’est isolé graphiquement.
Aucune distance extrême ni exclusion symbolique n’apparaît.
Le système familial est représenté comme un ensemble cohérent.

2 – Construction corporelle et schéma corporel
Les figures présentent :
• tête
• membres supérieurs
• membres inférieurs
Absence systématique de :
• tronc
• cou
• oreilles
• mains détaillées

À 8 ans, une intégration corporelle plus complète est généralement attendue.
L’absence du tronc — zone symboliquement associée à l’intégration affective — peut suggérer :
• une simplification représentationnelle
• une économie affective contenue
• une faible élaboration émotionnelle

Cependant, l’homogénéité de cette caractéristique chez tous les personnages oriente davantage vers un style graphique stable qu’une attaque ciblée.

3 – Place subjective de l’enfant
L’oubli initial de son propre personnage constitue un élément significatif.
Cette donnée peut évoquer :
• une position subjective discrète
• une tendance à l’effacement relationnel
• une difficulté modérée d’affirmation de soi

Le fait que l’ajout se fasse sans tension apparente diminue l’hypothèse d’un conflit intrapsychique aigu.

4 – Figure paternelle
L’oubli initial du père, dessiné en dernier, peut suggérer :
• une place psychiquement moins saillante
• une distance symbolique relative
• ou un simple oubli organisationnel

En l’absence de marqueurs d’hostilité ou de déformation, cette donnée reste hypothétique.

5 – Indices de tension interne
La pression forte du trait peut refléter :
• une intensité émotionnelle
• une tension interne contenue
• un besoin de contrôle moteur

Les petites proportions des personnages peuvent suggérer :
• une retenue expressive
• une expansion narcissique modérée
• un fonctionnement relativement contenu
Il n’y a toutefois pas d’indices de désorganisation majeure, de morcellement ou d’angoisse projective massive.

Hypothèses cliniques selon le DSM-5-TR

À ce stade, aucun trouble ne peut être affirmé sur la base de ce seul outil projectif.
Cependant, dans une perspective exploratoire, les axes suivants peuvent être surveillés :

1 – Trouble anxieux (à explorer)
En l’absence de symptômes comportementaux marqués, aucun critère formel d’un trouble anxieux (selon le DSM-5-TR) n’est objectivé à partir de ce matériel.

Toutefois, la tension du trait et la retenue expressive pourraient justifier une évaluation complémentaire si des signes cliniques sont rapportés ailleurs (évitement social, inquiétude excessive, somatisations).

2 – Difficultés d’affirmation de soi
L’oubli de l’auto-représentation peut orienter vers :
• une faible affirmation subjective
• une tendance adaptative excessive
• une posture de conformité
Cela ne constitue pas un trouble, mais un axe développemental à soutenir.

Hypothèse psychodynamique

Le fonctionnement évoque une organisation plutôt névrotique adaptée.
Les mécanismes défensifs possibles :
• contrôle
• inhibition
• neutralisation affective
• adaptation au cadre

Le dessin ne témoigne ni d’angoisse de morcellement ni d’effondrement narcissique.
Il évoque davantage une économie psychique contenue, structurée, possiblement peu expressive.

Axes d’évaluation recommandés

1 – Entretien clinique complémentaire
• exploration des émotions
• vécu scolaire
• relations avec les pairs

2 – Observation en milieu scolaire
• participation orale
• initiative sociale
• gestion des frustrations

3 – Échelle standardisée si nécessaire
• dépistage de l’anxiété
• évaluation de l’estime de soi

Axes d’intervention

• Renforcement de l’expression émotionnelle
• Encouragement de la prise d’initiative
• Valorisation des compétences sociales
• Activités coopératives favorisant l’affirmation progressive
L’objectif n’est pas thérapeutique au sens curatif, mais développemental et préventif.

Points de vigilance

• Retrait social progressif
• Inhibition excessive
• Somatisations répétées
• Évitement scolaire

En synthèse

Le dessin de la famille réalisé par cette enfant de 8 ans révèle une organisation structurée et homogène du système familial, sans signe manifeste d’angoisse majeure ou de conflit aigu.

Certains éléments suggèrent une possible retenue émotionnelle et une affirmation subjective modérée, sans désorganisation psychopathologique.

Aucun critère DSM-5-TR ne peut être retenu sur la base de ce seul matériel.

L’enjeu clinique principal réside dans l’accompagnement vers :
• une affirmation de soi progressive
• une expression émotionnelle plus élaborée
• une consolidation de l’estime personnelle

À cet âge, le développement n’est pas un diagnostic.
C’est un processus en mouvement.

Et parfois, ce que montre un dessin, ce n’est pas une fragilité — c’est simplement une personnalité en train de se structurer.





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