Armand Shneor - Psychologue Clinicien

Armand Shneor - Psychologue Clinicien Traitement du trouble de la personnalité: borderline, bipolaire. Dépression, adulte et enfant. Elaboration de test. Auteur

Natanya, dix-huitième jour de guerre contre l’Iran. 17H30. En cette fin de journée, je me trouvais dans une aire de spor...
19/03/2026

Natanya, dix-huitième jour de guerre contre l’Iran. 17H30.
En cette fin de journée, je me trouvais dans une aire de sport aménagée, comme il en existe un peu partout en Israël. On en trouve dans les jardins publics, les parcs, parfois en bord de plage. Elles sont hautement fréquentées. J’aime m’y rendre, et je m’amuse à dire que je fréquente les barres en fin de journée pour y consommer des étirements, des suspensions, des tractions pour parvenir à cette étrange ivresse légère que procure l’effort corporel.
Nous étions deux, parfois trois anonymes à nous exercer. Au bout d’une heure, l’alerte préventive annonçant des tirs de missiles retentit sur mon téléphone, comme sur ceux de la quasi-totalité de la population israélienne. Je savais qu’il me restait encore une dizaine de minutes avant qu’une éventuelle alerte locale ne se déclenche. J’ignorais où se trouvait l’abri le plus proche, mais je ne m’en préoccupais nullement, sachant intérieurement que, le moment venu, je pourrais courir et trouver où m’abriter. Autour de moi, personne ne semblait véritablement inquiet. Chacun poursuivait ses exercices comme si l’alerte n’avait pas retenti, comme si la vie était normale.
Et, d’une certaine manière, la vie était normale.
À environ deux cents mètres, quelques jeunes mères étaient assises avec leurs enfants ; certaines étaient munies de poussettes avec un bébé à l’intérieur. L’atmosphère ne s’était pas défaite. Les enfants continuaient à jouer. L’alerte préventive, pourtant bien réelle, n’avait provoqué aucun mouvement de foule vers le « miklat », cet abri que les Israéliens fréquentent hautement en ces jours mouvementés, comme une pièce presque ordinaire du paysage.
Puis l’alerte de la ville finit par retentir. Cela signifiait que nous entrions dans la fenêtre d’impact possible pour la zone où nous nous trouvions. C’était comme une sommation à rejoindre l’abri, pour qui veut se sauvegarder dans son être. À quelques mètres de moi, une jeune fille appelait calmement les passants à entrer dans un local voisin, dont le miklat avait été ouvert aux personnes de passage. Je m’y rendis sans précipitation. Quant à celui qui s’exerçait non loin de moi continuait ses mouvements, écouteurs aux oreilles, presque imperturbable, sans intention visible d’aller se protéger.
Ce théâtre pourrait paraître insolite, presque insensé. On pourrait penser qu’un tel homme est fou. Pourtant, pour beaucoup d’Israéliens, ce mode de vie n’a plus rien d’extraordinaire. En tout cas, plus depuis le 7 octobre 2023. Quant aux habitants du sud et du nord du pays, ils étaient familiers de cette réalité depuis des décennies. Lire la suite

Israël reste haut dans le classement du bonheur malgré la guerre : un cas de résilience, un sens de la vie, du lien social et du tragique.

Pour mieux comprendre les choses :   Une étude française EPI-PHARE de 2025 a permis de donner une assise nationale beauc...
18/03/2026

Pour mieux comprendre les choses : Une étude française EPI-PHARE de 2025 a permis de donner une assise nationale beaucoup plus ample sur la question des troubles neurodéveloppementaux des enfants nés de pères traités par valproate dans les trois mois précédant la conception ; l’ordre de grandeur observé était d’environ 5 % contre 3 % chez les enfants de pères traités par Lamotrigine ou Lévétiracétam, avec un HR (Hasard ratio, ou un rapport de risques instantanés) ajusté poolé (provenant de plusieurs ensembles de données) de 1,50. Elle a porté sur 2 832 850 enfants nés entre 2010 et 2015, dont 4 773 exposés à un traitement paternel par valproate pendant la spermatogenèse. Elle retrouve une augmentation significative du risque global de troubles neurodéveloppementaux, avec un HR de 1,24, et surtout un signal nettement plus marqué pour les troubles du développement intellectuel, dont le risque apparaît plus que doublé (HR 2,12), ce qui correspond à 3,5 cas supplémentaires pour 1 000 enfants. Pour l’autisme, le TDAH, les troubles de la communication et des apprentissages, l’augmentation paraît plus modeste et demande encore confirmation.

Sur le plan mécanistique, la prudence est indispensable. Nous ne pouvons pas affirmer aujourd’hui, de façon simpliste, que « le sperme est toxique » ou que tout s’expliquerait par cet effet de causalité. En revanche, plusieurs pistes biologiquement plausibles existent : le valproate est un médicament aux effets épigénétiques bien connus, et les travaux non cliniques ainsi que certaines données précliniques suggèrent qu’une exposition paternelle pendant la spermatogenèse pourrait altérer certains déterminants du développement de la descendance. Autrement dit, le problème ne serait pas une lésion neurologique directe transmise comme telle, mais une possible modification des conditions biologiques de programmation du neurodéveloppement. À ce stade, cela relève d’une plausibilité forte, non d’un mécanisme définitivement démontré, mais cela n’a pas empêché la mise en place de mesures de précaution, ce qui est révélateur du poids du signal.

Les enfants nés de pères ayant pris ce traitement antiépileptique et souffrant de troubles neurodéveloppementaux n’ont pas accès au fonds d’indemnisation des victimes, alors que le lien est scientifiquement reconnu.

La guerre ne produit pas seulement des effets traumatiques aigus ; lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, elle altère les ...
12/03/2026

La guerre ne produit pas seulement des effets traumatiques aigus ; lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, elle altère les cadres ordinaires de la vie psychique, éducative, familiale et socio-économique. Dans le contexte israélien contemporain, la répétition des alertes, l’incertitude sur la durée du conflit, la fermeture des écoles, le recours aux cours à distance, la fermeture des lieux de divertissement et les perturbations du travail composent une configuration cumulative de stress.

Au-delà de l'effroi immédiat, le climat actuel opère une sourde érosion psychique. En s’appuyant sur les données institutionnelles israéliennes et la littérature scientifique, l’analyse révèle une symptomatologie complexe qui excède la seule menace militaire : une distorsion de la perception spatio-temporelle venant percuter l'intimité du foyer. La surcharge parentale et l'insécurité économique agissent alors comme des catalyseurs délétères, menaçant tant le développement de l'enfant que l'homéostasie du groupe familial. Lire la suite

Guerre, anxiété, huis clos, distanciel scolaire et insécurité financière en Israël : analyse clinique des effets psychiques sur adultes, enfants et familles.

Durant quelques siècles, la psychopathologie s’est construite sur une ambition noble : ordonner le chaos clinique. Poser...
09/02/2026

Durant quelques siècles, la psychopathologie s’est construite sur une ambition noble : ordonner le chaos clinique. Poser des mots sur l’innommable, structurer le foisonnement des symptômes, rendre comparables des souffrances hétérogènes. Les classifications (troubles anxieux, troubles dépressifs, troubles neurodéveloppementaux, troubles de la personnalité, etc.) ont ainsi joué un rôle fondateur : elles ont permis de stabiliser un langage commun, de baliser la recherche, d’améliorer la communication entre cliniciens et institutions.
Nommer incarne l’inachevé. Toute nomination est une approximation, un arrêt sur image ; la réalité déborde toujours le mot.
En l’occurrence, l’expérience clinique, elle, résiste souvent à la netteté des catégories. Elle se présente rarement sous forme de chapitres bien séparés. Un patient ne « tombe » pas dans un tiroir diagnostique comme une pièce parfaitement ajustée. Au contraire : les tableaux se chevauchent, se contaminent, se transforment. La comorbidité n’est pas une exception ; elle est, pour ainsi dire, une règle pratique. Et ce constat n’est pas un simple détail : il met en évidence un fait central — les troubles mentaux ne sont pas des îlots, mais des paysages, traversés par des mécanismes communs, des vulnérabilités partagées et des boucles d’entretien.
C’est précisément pour répondre à cette complexité que de nombreux chercheurs et cliniciens s’orientent vers une perspective transversale et transdiagnostique, que l’on peut aussi qualifier de processuelle : plutôt que de partir des étiquettes, on part des mécanismes. lire la suite

Approche transdiagnostique: comprendre les troubles mentaux par les processus (rumination, évitement, incertitude) pour une clinique plus rigoureuse et humaine.

Voici le lien du replay de la conférence :
07/02/2026

Voici le lien du replay de la conférence :

Réapprendre le geste : comprendre le TNF et ses mécanismesConférence du 5 février 2026Armand Shneor - Psychologue Clinicienwww.armandshneor.com

On a longtemps raconté le TDAH comme une histoire d’enfants trop remuants. Une hyperactivité visible, des cahiers oublié...
22/01/2026

On a longtemps raconté le TDAH comme une histoire d’enfants trop remuants. Une hyperactivité visible, des cahiers oubliés, des consignes perdues dans le bruit de la classe. Or, chez l’adulte, le trouble change souvent de visage : il se fait moins spectaculaire, mais parfois plus corrosif. Il devient une fatigue de fond, une friction permanente entre l’intention et l’action, une impression d’être en décalage avec ses propres promesses. De l’extérieur, tout peut sembler “fonctionner”. À l’intérieur, c’est souvent une lutte : maintenir le cap, résister à la dispersion, se relever de l’auto-accusation, et recommencer.
Une étude britannique publiée dans Scientific Reports a donné une formulation scientifique à ce que nombre de patients décrivent depuis longtemps : chez l’adulte, les traits de TDAH sont fortement associés à l’anxiété et à la dépression — parfois davantage que les traits autistiques, dans un échantillon de population générale.
Cette conclusion ne signifie ni que l’autisme serait “moins difficile”, ni que les souffrances seraient comparables au même titre pour chacun. Elle indique plutôt ceci : le TDAH adulte, encore sous-reconnu, pourrait être un marqueur particulièrement puissant de vulnérabilité émotionnelle, et mérite que la recherche, la clinique et les politiques de santé lui accordent une attention proportionnée à sa charge réelle.

Des chercheurs (Bath, Bristol, Cardiff, King’s College London) ont étudié des adultes britanniques à partir de questionnaires standardisés évaluant, d’une part, des traits de TDAH, d’autre part des traits autistiques, et enfin des symptômes d’anxiété et de dépression. Leur constat principal est le suivant : plus les traits de TDAH sont saillants, plus le risque d’anxiété et de dépression est important . En d’autres termes, il a été observé un lien de corrélation entre la saillance des symptômes du TDAH et l’intensité des symptômes anxio et dépressifs, sans permettre d’inférer une relation causale.
Ce type de résultat n’infère pas l’idée selon laquelle « tout adulte avec un TDAH est condamné à développer une anxiété ou une dépression ». L’étude montre une augmentation de probabilité moyenne au niveau d’un groupe (un risque relatif), pas une destinée individuelle.
Cette nuance protège d’un contresens fréquent : corrélation n’est pas causalité. Cependant, en santé mentale, les associations robustes ont une valeur pratique immédiate : elles constituent un marqueur des zones de risque, et où l’on devrait dépister plus tôt, former davantage, prévenir plutôt que réparer. Lire la suite

TDAH adulte : trouble de régulation et vulnérabilité émotionnelle. Pourquoi l’anxiété et la dépression sont fréquentes, et comment prévenir sans moraliser.

S'exfiltrer de la rumination Avez-vous parfois l’impression d’être captif d’un flux de ruminations incessantes ? Ce phén...
12/01/2026

S'exfiltrer de la rumination
Avez-vous parfois l’impression d’être captif d’un flux de ruminations incessantes ? Ce phénomène n’est pas un manque de volonté, ni une incapacité morale à “se reprendre”. Il signale plutôt que votre esprit a glissé vers un pilotage automatique devenu trop rigide : une boucle de vigilance qui, à force de vouloir prévenir le danger, finit par nourrir l’inquiétude qu’elle prétend éteindre.
La bonne nouvelle est que ces boucles se réentraînent. Non sans effort, certes, mais de manière très concrète : en réancrant l’attention dans les sens (ce que vous voyez, entendez, touchez ; ce que votre respiration et votre corps vous disent) et en retrouvant la co-régulation par le lien humain. En changeant de mode — du mode « menace » au mode « sécurité » — vous développez une flexibilité mentale : la capacité de laisser passer une pensée sans lui obéir, de choisir votre prochaine action plutôt que de subir votre prochaine inquiétude. Vous cessez alors d’être l’otage de l’anxiété : vous redevenez l’auteur, lucide et vivant, de votre trajectoire.

01/01/2026
RésuméLe trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental dont l’exp...
25/12/2025

Résumé
Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental dont l’expression clinique se transforme au fil du développement : l’hyperactivité motrice tend fréquemment à s’atténuer, tandis que l’inattention, la désorganisation et les difficultés exécutives demeurent souvent centrales à l’âge adulte. La question de la « rémission » est particulièrement sensible à la définition adoptée (rémission syndromique vs fonctionnelle), ce qui explique des estimations parfois divergentes. La clinique adulte devient souvent « bruyante » du fait des comorbidités (humeur, anxiété, addictions) et d’un poids somatique/somatoforme qui peut capturer l’attention, majorer l’évitement et compliquer l’adhésion aux soins. Enfin, l’interface TDAH–bipolarité exige une vigilance différentielle, notamment sur l’épisodicité thymique et la rupture par rapport au niveau de base.

TDAH de l’adulte : symptômes, rémission, différences homme/femme, comorbidités et somatisation. Différentiel bipolarité, repères et pistes thérapeutiques.

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