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Tazria et Metzora 5786Roch hodechRaphaël RosnerL'Équilibre : Entre les Plaies du Corps et le Poids de l'ÂmeDans le livre...
17/04/2026

Tazria et Metzora 5786
Roch hodech
Raphaël Rosner
L'Équilibre : Entre les Plaies du Corps et le Poids de l'Âme
Dans le livre du Lévitique dans la section Tazria (Chapitre 13, 1-2), il est dit :
"L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, en disant : Lorsqu'un homme aura sur la peau de son corps une tumeur, une dartre ou une tache blanche, et qu'elle deviendra sur la peau de son corps une plaie de lèpre, on l'amènera à Aaron, le sacrificateur, ou à l'un de ses fils, les sacrificateurs."
D'après les commentateurs et selon le traité Nega'im, les mots « Séét » (tumeur) et « Sapahat » (dartre) sont des noms de types de taches (plaies) apparaissant sur la peau. Chacun d'eux représente une nuance différente de blanc, et ils se distinguent par leur niveau de blancheur. « Bahéret » signifie une tache très claire, et Rachi s'aide du mot en vieux français (Tache) pour l'expliquer.
En réalité, de nos jours, nous n'avons pas la possibilité d'identifier ces maladies de manière certaine. La lèpre biblique n'est pas la maladie appelée "lèpre" aujourd'hui (maladie de Hansen), qui est une maladie infectieuse grave causée par une bactérie. Celle-ci n'est probablement arrivée au Moyen-Orient qu'à l'époque du Second Temple. Lorsque la Bible a été traduite en grec ("la Septante"), le mot Tsara'at a été traduit par le mot grec Lepra. À cette époque, "Lepra" désignait des maladies de peau squameuses (comme le psoriasis), mais au fil des années, le nom est resté attaché à la grave maladie de Hansen, créant ainsi l'identification erronée entre la Tsara'at de la Torah et la maladie moderne.
À l'Institut Schlesinger pour la recherche médicale selon la Torah (considéré comme une autorité de premier plan dans l'intégration de la Halakha et de la médecine), on explique que la lèpre biblique est une description de symptômes externes pouvant correspondre à diverses maladies de peau (telles que le vitiligo, le psoriasis ou des mycoses cutanées), mais leur point commun n'est pas biologique, mais halakhique. Un point central de l'Institut Schlesinger est le diagnostic selon lequel la plaie n'est pas purement médicale : la lèpre était perçue comme l'expression physique d'un problème spirituel (comme la médisance, le Lachon Hara). Selon les Sages (Hazal), il s'agit d'une punition infligée à l'homme pour certaines transgressions.
Le Midrash s'intéresse au sujet et relie notre verset à un autre verset du livre de Job (28, 25) :
"Quand il réglait le poids du vent, et qu'il mesurait les eaux avec une mesure."
En d'autres termes, tout comme le Créateur a fixé le poids du vent et calibré l'étendue des eaux avec une précision absolue, la Torah détaille diverses formes de plaies (Séet, Sapahat, Bahéret). Or, l'œil humain n'est pas toujours en mesure de distinguer aisément une plaie déclarée « tsara’at » (impure) d'une autre plaie (pure). Sur cela, le Midrash commente (Vayikra Rabba 15, 1) :
"Rabbi Huna a dit : En trois lieux, le vent est sorti sans poids et il était sur le point de détruire le monde, et ce sont: une fois aux jours de Job, une fois aux jours de Jonas, et une fois aux jours d'Élie."
Selon Rav Huna, dans ces trois cas, le vent est sorti avec une puissance déchaînée (sans "poids" ni mesure), qui aurait pu anéantir le monde entier. Le Midrash apporte des preuves pour démontrer que le vent a frappé avec force durant la vie de ces trois personnages. Le Midrash ajoute que tout ce qui existe dans le monde est donné avec mesur pour permettre l'existence de la création, comme l'eau et même l'Esprit Saint (Rouah HaKodesh) qui a été donné avec économie. La Torah elle-même est acquise par l'homme avec mesure, et le caractère de l'homme est également donné avec mesure, comme il est dit (Vayikra Rabba 15, 2) :
"Dans l'usage du monde, les créatures disent : un tel a l'esprit excessif (Rouho Yetera), un tel a l'esprit court (Rouho Ktsara), un tel a l'esprit infime (Katikaton)."
Cette déclaration du Midrash décrit la différence entre les caractères des gens : il y a celui qui a un excès de confiance en soi ou de l'arrogance ("l'esprit excessif"), celui qui est impatient ou enclin à la colère ("l'esprit court"), et celui dont l'esprit est particulièrement petit et humble ("l'esprit infime").
Le Midrash poursuit et clarifie :
"L'homme a été pesé, moitié eau et moitié sang ; lorsqu'il est méritant, l'eau ne l'emporte pas sur le sang et le sang ne l'emporte pas sur l'eau. Mais lorsqu'il pèche, il arrive que l'eau l'emporte sur le sang et il devient Adripikos (terme talmudique issu du grec Hydrops décrivant une accumulation de fluides, ce que nous appelons aujourd'hui un œdème ou une hydropisie), et il arrive que le sang l'emporte sur l'eau et il devient lépreux, c'est ce qui est écrit : Adam (Homme), ou Dam (Sang)."
Le Midrash enseigne que l'homme est composé de moitié d'eau et de moitié de sang. Lorsqu'il est dans un état équilibré et digne ("méritant"), l'eau ne prend pas le dessus sur le sang et le sang ne prend pas le dessus sur l'eau. Mais lorsqu'il pèche (et sort de l'équilibre), parfois l'eau l'emporte sur le sang et il tombe malade de l'hydropisie, et parfois le sang l'emporte sur l'eau et il devient lépreux. C'est ce qui est dit : "Adam" – ou "Dam" (le nom Adam contient en lui le mot Dam - sang, ce qui indique cet équilibre délicat).
Le Midrash ne vient pas déclarer que toute la création est équilibrée d'elle-même, mais qu'une possibilité d'équilibre existe. Dans le monde juif, la création n'est pas perçue comme statique, mais comme une tension constante entre des forces opposées qui ont besoin d'un contrepoids pour ne pas s'effondrer. La tension entre la Rigueur (Din) et la Miséricorde (Rahamim) caractérise la créature, comme il est dit (Berechit Rabba 12, 15) :
"Le Saint, béni soit-Il, a dit : Si Je crée le monde avec la mesure de la Miséricorde, les fautes seront nombreuses. Avec la mesure de la Rigueur, comment le monde pourra-t-il subsister ? Mais voici, Je le crée avec la mesure de la Rigueur et la mesure de la Miséricorde, et puisse-t-il ainsi subsister."
C'est-à-dire que le Créateur a dit : si Je crée le monde uniquement avec la Miséricorde, les fautes seront trop nombreuses (peut-être par manque de crainte de la punition). Si Je le crée uniquement avec la Rigueur, comment le monde pourra-t-il exister ? (car personne ne pourra tenir face à des standards si stricts). Par conséquent, Je le crée en combinant la Rigueur et la Miséricorde, en espérant que le monde réussira ainsi à subsister. La création repose sur leur combinaison : la Rigueur donne au monde l'ordre et la structure (les lois de la nature), et la Miséricorde lui donne la possibilité de changer, de pardonner et de se renouveler.
La dynamique kabbalistique est fondée sur la dialectique entre la Lumière Infinie (Or Ein Sof), représentant le potentiel d'expansion illimité, et les Vases (Kelim), receptacles qui constituent l'infrastructure formelle et matérielle de la réalité. Si la lumière est trop forte, le vase se brise ; si le vase est trop épais, la lumière ne parvient pas. L'équilibre est l'état qui permet la vie au sein de la limitation.
Le judaïsme voit dans la création une union des contraires. Les "Cieux" représentent la spiritualité abstraite, et la "Terre" la matérialité pesante. L'équilibre n'est pas l'annulation de l'un d'eux, mais la création d'une synthèse. L'homme est considéré comme un "microcosme" de la création car il est composé d'une âme (cieux) et d'un corps (terre), et son rôle est de les équilibrer par l'acte moral. C'est aussi ce que soutient Maïmonide (Maimonide, Hilkhot De'ot, Chapitre 1) :
"[2] Entre chaque trait de caractère et le trait opposé à l'autre extrémité, il existe des dispositions intermédiaires... [3] Les deux extrémités éloignées l'une de l'autre pour chaque trait ne sont pas une bonne voie ; il ne convient pas à l'homme de les suivre... S'il trouve que sa nature penche vers l'une d'elles... il doit revenir vers le bien et suivre la voie des bons, qui est la voie droite. [4] La voie droite est la mesure médiane de chaque trait de caractère... C'est pourquoi les premiers Sages ont ordonné que l'homme évalue toujours ses traits de caractère, les mesure et les dirige vers la voie médiane, afin d'être intègre (complet)."
Maïmonide explique qu'entre deux traits de caractère extrêmes et éloignés, il existe des traits intermédiaires. L'homme acquiert ces traits de plusieurs manières : certains sont ancrés en lui dès sa naissance selon la nature de son corps ; d'autres sont ceux que sa nature tend à accepter plus facilement et plus rapidement que d'autres ; et certains n'existent pas en lui de naissance, mais il les a appris des autres ou a décidé de les adopter de lui-même — soit parce qu'il y a pensé seul, soit parce qu'il a entendu que c'était une conduite bénéfique pour lui, et il s'y est habitué jusqu'à ce qu'elles deviennent une seconde nature.
Les deux extrémités éloignées de chaque trait ne sont pas une bonne voie, et il n'est pas convenable pour l'homme d'agir selon elles ou de s'apprendre à les adopter. Et si un homme constate que sa nature penche vers l'une des extrémités, ou qu'il a déjà pris l'habitude d'agir ainsi, il doit se corriger et suivre la voie des bons, qui est la voie droite. La voie droite est la "voie du juste milieu" dans chaque trait de caractère de l'homme. C'est le point situé à égale distance des deux extrémités, sans être trop proche de l'une ou de l'autre. C'est pourquoi les premiers Sages ont ordonné que l'homme examine toujours ses traits, les pèse et les dirige vers le juste milieu, afin d'être un homme complet (Chalem).
Dans le monde juif, à l'instar d'autres cultures, on recherche l'équilibre (la voie droite) entre toutes les forces de l'univers : entre la Rigueur et la Miséricorde, entre l'esprit et la matière, entre le masculin et le féminin, et entre les contraires — l'équilibre entre tous les composants de la nature. Dans le contexte juif, la différence entre l'équilibre et l'égalité revêt une signification profonde, car la pensée juive tend à préférer l'harmonie entre les contraires plutôt qu'une uniformité absolue. Dans le judaïsme, la paix (Chalom) n'est pas un état où tout le monde est identique (égalité), mais un état où les contraires réussissent à vivre ensemble en harmonie. Le mot « Chalom » (Paix) est lié au mot « Chlemout » (Plénitude/Perfection) — la plénitude est précisément atteinte lorsque différentes parties s'équilibrent mutuellement. Comme il est dit : "Il fait la paix dans ses hauteurs" — entre les anges de feu et les anges d'eau, qui ne sont pas égaux par nature mais équilibrés dans leur fonction.
L'équilibre n'est pas l'égalité, mais une interaction harmonieuse entre les extrémités.
Shabbat Shaol vehodesh tov

תזריע מצורע תשפ"וראש חודש אייררפאל רוזנרהאיזון: בין נגעי הגוף למשקל הנפש בספר ויקרא (פרק יג, א-ב) נאמר:"וַיְדַבֵּר יְהֹו...
17/04/2026

תזריע מצורע תשפ"ו
ראש חודש אייר
רפאל רוזנר
האיזון: בין נגעי הגוף למשקל הנפש
בספר ויקרא (פרק יג, א-ב) נאמר:
"וַיְדַבֵּר יְהֹוָה אֶל משֶׁה וְאֶל אָהֲרֹן לֵאמֹר: אָדָם כִּי יִהְיֶה בְעוֹר בְּשָׂרוֹ שְׂאֵת אוֹ סַפַּחַת אוֹ בַהֶרֶת וְהָיָה בְעוֹר בְּשָׂרוֹ לְנֶגַע צָרָעַת וְהוּבָא אֶל אַהֲרֹן הַכֹּהֵן אוֹ אֶל אַחַד מִבָּנָיו הַכֹּהֲנִים."
לפי המפרשים ועל פי מסכת נגעים, המילים "שאת" ו"ספחת" הן שמות של סוגי כתמים (נגעים) המופיעים על העור. כל אחד מהם מייצג גוון אחר של לבן, והם נבדלים זה מזה ברמת הלובן שלהם. "בהרת "פירושה כתם בהיר מאוד, ורש"י נעזר במילה הצרפתית העתיקה ((Tache כתם כדי להסביר זאת.
למעשה, בימינו אין לנו אפשרות לזהות את המחלות הללו באופן ודאי. הצרעת המקראית איננה המחלה המכונה "צרעת" בימינו (מחלת הנסן) - Hansen's Disease שהיא מחלה זיהומית קשה הנגרמת על ידי חיידק. היא הגיעה למזרח התיכון כנראה רק בתקופה בית שני. כאשר תורגם התנ"ך ליוונית ("תרגום השבעים"), תורגמה המילה "צרעת" למילה היוונית "Lepra" (לֶפְּרָה). באותה תקופה, " לֶפְּרָה " ציינה מחלות עור קשקשיות (כמו פסוריאזיס), אך עם השנים דבק השם במחלת הנסן הקשה, וכך נוצר הזיהוי השגוי בין הצרעת של התורה למחלה המודרנית.
ב"מכון שלזינגר" לחקר הרפואה על פי התורה (הנחשב לסמכות מובילה בשילוב הלכה ורפואה) מסבירים כי הצרעת המקראית היא תיאור של תסמינים חיצוניים שיכולים להתאים למגוון מחלות עור שונות (כמו ויטיליגו, פסוריאזיס או פטרת העור), אך המשותף להן אינו ביולוגי אלא הלכתי. נקודה מרכזית במכון שלזינגר היא האבחנה שהנגע אינו רפואי גרידא: הצרעת נתפסה כביטוי פיזי לבעיה רוחנית (כמו לשון הרע). לפי חז"ל, מדובר בעונש הניתן לאדם בגלל עבירות מסוימות.
המדרש מתעניין בנושא ומקשר את הפסוק שלנו לפסוק אחר בספר איוב (כח, כה ("לַעֲשׂוֹת לַרוּחַ מִשְׁקָל וּמַיִם תִּכֵּן בְּמִדָּה" כלומר, כאשר הבורא קבע לרוח את משקלה ואת המים מדד במידה מדויקת התורה מפרטת מגוון סוגי נגעים ("שאת", "ספחת", "בהרת") העין האנושית אינה תמיד יכולה להבחין בקלות בין נגע המוגדר כ"צרעת" (טמא) לבין נגע אחר (טהור). המדרש אומר (ויקרא רבה טו, א:(
"אָמַר רַב הוּנָא בִּשְׁלשָׁה מְקוֹמוֹת יָצְתָה רוּחַ שֶׁלֹּא בְמִשְׁקָל וּכְבָר הָיָה לָהּ לְהַחֲרִיב אֶת הָעוֹלָם, וְאֵלּוּ הֵן: אֶחָד בִּימֵי אִיּוֹב, וְאֶחָד בִּימֵי יוֹנָה, וְאֶחָד בִּימֵי אֵלִיָּהוּ."
לפי רב הונא, בשלושה מקרים אלו יצאה רוח בעוצמה לא מרוסנת (ללא 'משקל' או מידה), שהייתה עלולה להחריב את העולם כולו. המדרש מביא סימוכין כדי להוכיח שהרוח פגעה בעוצמה בתקופת שלוש הדמויות הללו. מוסיף המדרש שכל הקיים בעולם ניתן במשקל כדי לאפשר את קיום הבריאה, כמו המים ואפילו רוח הקודש שניתנה במידה. גם התורה נרכשת על ידי האדם במידה, וגם אופיו של האדם ניתן במידה, כפי שנאמר (ויקרא רבה טו, ב):
"בְּנֹהַג שֶׁבָּעוֹלָם הַבְּרִיּוֹת אוֹמְרִים אִישׁ פְּלוֹנִי רוּחוֹ יְתֵרָה, אִישׁ פְּלוֹנִי רוּחוֹ קְצָרָה, שֶׁנִּתְּנָה בּוֹ רוּחַ קָטִיקָטוֹן (קטן שבקטן)."
אמירה זו של המדרש מתארת את השוני בין אופי האנשים: יש מי שיש לו עודף ביטחון עצמי או גאוותנות ("רוחו יתרה"), יש מי שהוא חסר סבלנות או נוטה לכעוס ("רוחו קצרה"), ויש מי שרוחו קטנה ושפלה במיוחד ("רוח קטיקטון(".
ממשיך המדרש ומבהיר:
"אָדָם הָיָה מְשׁוּקָל חֶצְיוֹ מַיִם וְחֶצְיוֹ דָּם, בְּשָׁעָה שֶׁהוּא זוֹכֶה לֹא הַמַּיִם רָבִין עַל הַדָּם וְלֹא הַדָּם רָבִין עַל הַמַּיִם, וּבִזְמַן שֶׁחוֹטֵא פְּעָמִים שֶׁהַמַּיִם רָבִין עַל הַדָּם וְנַעֲשָׂה אַדְרִיפִיקוֹס (מונח חז"לי מהמילה היוונית Hydrops המתאר הצטברות נוזלים בגוף, מה שאנו מכנים היום בצקת או מַיֶּמֶת), וּפְעָמִים שֶׁהַדָּם רָבִין עַל הַמַּיִם וְנַעֲשָׂה מְצוֹרָע, הֲדָא הוּא דִכְתִיב אָדָם, אוֹ דָם."
המדרש מלמד שהאדם מורכב מחצי מים וחצי דם. כאשר הוא נמצא במצב מאוזן וראוי ("זוכה"), המים אינם משתלטים על הדם והדם אינו משתלט על המים. אך בזמן שהוא חוטא (ויוצא מאיזון), לעיתים המים גוברים על הדם והוא חולה ב'אדריפיקוס' (מיימת), ולעיתים הדם גובר על המים והוא נהיה מצורע. זהו שנאמר: 'אָדָם' – או 'דָם' (השם אדם מכיל בתוכו את המילה דם, המצביעה על האיזון העדין הזה.(
המדרש אינו בא להצהיר שכל הבריאה מאוזנת מאליה, אלא שקיימת אפשרות של איזון. בעולם היהודי הבריאה אינה נתפסת כסטטית, אלא כמתח מתמיד בין כוחות מנוגדים הזקוקים למשקל נגד כדי לא לקרוס. המתח בין דין לרחמים מאפיין את הנברא, כפי שנאמר (בראשית רבה יב, טו):
"אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אִם בּוֹרֵא אֲנִי אֶת הָעוֹלָם בְּמִדַּת הָרַחֲמִים, הֲוֵי חֶטְיָיה סַגִּיאִין (יהיו חטאים רבים). בְּמִדַּת הַדִּין, הָאֵיךְ הָעוֹלָם יָכוֹל לַעֲמֹד? אֶלָּא הֲרֵי אֲנִי בּוֹרֵא אוֹתוֹ בְּמִדַּת הַדִּין וּבְמִדַּת הָרַחֲמִים, וְהַלְּוַאי יַעֲמֹד."
כלומר, אמר הבורא: אם אברא את העולם רק במידת הרחמים – החטאים יהיו רבים מדי (אולי כי לא יהיה חשש מעונש). אם אברא אותו רק במידת הדין – איך העולם יוכל להתקיים? (כי איש לא יוכל לעמוד בסטנדרטים המחמירים). לכן, הרי אני בורא אותו בשילוב של מידת הדין ומידת הרחמים, ולוואי שכך יצליח להתקיים. הבריאה נשענת על השילוב ביניהם: הדין מעניק לעולם סדר ומבנה (חוקי הטבע), והרחמים מעניקים לו את האפשרות להשתנות, לסלוח ולהתחדשות.
הדינמיקה הקבלית מושתתת על הדיאלקטיקה שבין האור האינסופי, המייצג את פוטנציאל ההתפשטות הבלתי-מוגבל, לבין הכלים, המהווים את התשתית הצורנית והחומרית של המציאות. אם האור חזק מדי – הכלי נשבר; אם הכלי עבה מדי – האור אינו מגיע. האיזון הוא המצב המאפשר חיים בתוך הגבלה.
היהדות רואה בבריאה חיבור של הפכים. "שמיים" מייצגים את הרוחניות המופשטת, ו"ארץ" את החומריות הכבדה. האיזון אינו ביטול של אחד מהם, אלא יצירת סינתזה. האדם נחשב ל"מיקרוקוסמוס" של הבריאה משום שהוא מורכב מנשמה (שמיים) וגוף (ארץ), ותפקידו לאזן ביניהם דרך המעשה המוסרי. כך גם גורס הרמב"ם (הלכות דעות, פרק א):
"[ב] וְיֵשׁ בֵּין כָּל דֵּעָה וְדֵעָה הָרְחוֹקָה מִמֶּנָּה בַּקָּצֶה הָאַחֵר, דֵּעוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת זוֹ רְחוֹקָה מִזוֹ. וְכל הַדֵּעוֹת--יֵשׁ מֵהֶן דֵּעוֹת שְׁהֶן לָאָדָם מִתְּחִלַּת בְּרִיָּתוֹ, לְפי טֶבַע גּוּפוֹ; וְיֵשׁ מֵהֶן דֵּעוֹת שֶׁטִּבְעוֹ שֶׁלְּאָדָם זֶה מְכֻוָּן וַעֲתִיד לְקַבַּל אוֹתָם, בִּמְהֵרָה יָתֵר מִשְּׁאָר הַדֵּעוֹת; וְיֵשׁ מֵהֶן שְׁאֵינָן לָאָדָם מִתְּחִלַּת בְּרִיָּתוֹ, אֵלָא לָמַד אוֹתָן מֵאֲחֵרִים אוֹ שֶׁנִּפְנָה לָהֶן מֵעַצְמוֹ, לְפי מַחְשָׁבָה שֶׁעָלְתָה בְּלִבּוֹ אוֹ שֶׁשָּׁמַע שֶׁזּוֹ הַדֵּעָה טוֹבָה לוֹ וּבָהּ רָאוּי לֵילֵךְ, וְהִנְהִיג עַצְמוֹ בָּהּ עַד שֶׁנִּקְבְּעָה. ה [ג] שְׁנֵי קְצָווֹת הָרְחוֹקָה זוֹ מִזוֹ שֶׁבְּכָל דֵּעָה וְדֵעָה, אֵינָן דֶּרֶךְ טוֹבָה; וְאֵין רָאוּי לוֹ לָאָדָם לָלֶכֶת בָּהֶן, וְלֹא לְלַמְּדָן לְעַצְמוֹ. וְאִם מָצָא טִבְעוֹ נוֹטֶה לְאַחַת מֵהֶן, אוֹ מוּכָן לְאַחַת מֵהֶן, אוֹ שֶׁכְּבָר לָמַד אַחַת מֵהֶן, וְנָהַג בָּהּ--יַחְזִיר עַצְמוֹ לַמּוּטָב וְיֵלֵךְ בְּדֶרֶךְ הַטּוֹבִים, וְהִיא דֶּרֶךְ הַיְּשָׁרָה. ו [ד] הַדֶּרֶךְ הַיְּשָׁרָה--הִיא מִדָּה בֵּינוֹנִית שֶׁבְּכָל דֵּעָה וְדֵעָה, מִכָּל דֵּעוֹת שֶׁיֵּשׁ לָאָדָם; וְהִיא הַדֵּעָה שְׁהִיא רְחוֹקָה מִשְּׁנֵי הַקְּצָווֹת רֵחוּק שׁוֹוֶה, וְאֵינָהּ קְרוֹבָה לֹא לְזוֹ וְלֹא לְזוֹ. וּלְפִיכָּךְ צִוּוּ חֲכָמִים הָרִאשׁוֹנִים שֶׁיְּהֶא אָדָם שָׁם דֵּעוֹתָיו תָּמִיד, וּמְשַׁעֵר אוֹתָן וּמְכַוֵּן אוֹתָן בַּדֶּרֶךְ הָאֶמְצָעִית, כְּדֵי שֶׁיְּהֶא שָׁלֵם."
אומר הרמב"ם שבין כל שתי תכונות אופי קיצוניות ורחוקות זו מזו, קיימות תכונות ביניים. את התכונות הללו האדם רוכש בכמה דרכים: חלקן טבועות בו מיום היוולדו לפי טבע גופו; חלקן הן כאלו שהטבע שלו נוטה לקבל בקלות ובמהירות רבה יותר מאחרות; וחלקן אינן קיימות בו מלידה, אלא הוא למד אותן מאחרים, או שהחליט לאמץ אותן בעצמו – בין אם כי חשב עליהן לבד ובין אם כי שמע שזו הנהגה שטובה לו, והוא הרגיל את עצמו בהן עד שהפכו לטבע שני.
שני הקצוות הרחוקים בכל תכונה ותכונה אינם דרך טובה, ואין זה ראוי לאדם לנהוג לפיהם או ללמד את עצמו לאמץ אותם. ואם אדם מוצא שהטבע שלו נוטה לאחד הקצוות, או שהוא כבר התרגל לנהוג כך – עליו להחזיר את עצמו למוטב וללכת בדרך הטובים, שהיא הדרך הישרה. הדרך הישרה היא "מידת האמצע" בכל תכונה ותכונה שיש לאדם. זוהי הנקודה שנמצאת במרחק שווה משני הקצוות, מבלי להיות קרובה מדי לאף אחד מהם. לכן, ציוו החכמים הראשונים שהאדם יבחן תמיד את תכונותיו, ישקול אותן ויכוון אותן אל דרך האמצע, כדי שיהיה אדם שלם.
בעולם היהודי, בדומה לתרבויות אחרות, מחפשים את האיזון (הדרך הישרה) בין כל כוחות היקום: בין דין לרחמים, בין הרוח לחומר,בין זכר לנקבה ובין הניגודים – האיזון בין כל מרכיבי הטבע. בהקשר היהודי, ההבדל בין איזון לבין שוויון מקבל משמעות עמוקה, שכן המחשבה היהודית נוטה להעדיף הרמוניה בין ניגודים על פני אחידות מוחלטת. ביהדות, שלום אינו מצב שבו כולם אותו הדבר (שוויון), אלא מצב שבו הפכים מצליחים לחיות יחד בהרמוניה. המילה "שלום" קשורה למילה "שלמות" – השלמות מושגת דווקא כאשר חלקים שונים מאזנים זה את זה. כפי שנאמר: "עושה שלום במרומיו" – בין מלאכי אש למלאכי מים, שאינם שווים בטבעם אך מאוזנים בתפקודם. האיזון אינו שוויון אלא אינטראקציה הרמונית בין הקצוות.
שבת שלום וחודש טוב

Chemini 5786Raphaël Rosner« Et il arriva, le huitième jour, que Moïse appela Aaron, ses fils et les anciens d’Israël » (...
10/04/2026

Chemini 5786
Raphaël Rosner
« Et il arriva, le huitième jour, que Moïse appela Aaron, ses fils et les anciens d’Israël » (Lévitique 9, 1). Ce verset ouvre la paracha de Chemini et constitue un point culminant de l’histoire du peuple d’Israël dans le désert. Après sept jours de préparations (« les jours d'investiture »), arrive le moment où le Tabernacle doit commencer à fonctionner officiellement. Selon Rachi et la majorité des commentateurs, il s’agit du premier jour du mois de Nissan, un an après la sortie d’Égypte. Durant les sept jours précédents, Moïse érigeait et démontait le Tabernacle chaque jour, initiant Aaron et ses fils au sacerdoce. Le huitième jour est celui où la Présence Divine (la Chekhina) devait résider de manière permanente dans le Sanctuaire. Jusqu’à cet instant, Moïse officiait comme le « prêtre » temporaire gérant les affaires. Au huitième jour, Moïse transmet officiellement le sceptre à Aaron. Le Midrash interprète ce verset de manière surprenante en introduisant un verset du livre des Proverbes (9, 1) : « La sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes. » Ce verset utilise l’image d’une femme sage ayant bâti une demeure splendide et stable pour décrire la sagesse elle-même. Simplement, cela signifie que la sagesse n’est pas un concept abstrait ou accidentel, mais une structure bien planifiée dotée de fondations solides. L’expression « elle a taillé ses sept colonnes » symbolise la complétude et la stabilité (le chiffre 7 représentant la perfection dans le judaïsme), suggérant que le monde ou nos vies nécessitent une base large et ferme de discernement pour subsister. En d’autres termes : pour bâtir une vie juste ou un monde réparé, on ne peut se fier à la chance ; il faut investir dans l’« architecture » de l’esprit et de la morale, qui sont les piliers soutenant l’ensemble. Qu’est-ce que la sagesse ? Il est écrit dans le livre des Psaumes (111, 10) : « Le commencement de la sagesse est la crainte de l’Éternel. » La crainte du Créateur est la sagesse. Comment comprenons-nous la crainte du Créateur ? D’un côté, la crainte caractérise une forme de peur : la crainte du châtiment (Yirat HaOnesh). C’est le degré le plus élémentaire, où l’homme s’abstient de faire le mal par peur des conséquences négatives qui pourraient s’abattre sur lui (dans ce monde ou dans le monde à venir). Elle est considérée comme extérieure, puisque la motivation est l’intérêt personnel. D’un autre côté, il y a la crainte de la transcendance (Yirat HaRomemout). C’est une crainte issue de la reconnaissance de la grandeur du Créateur et du néant de l’homme face à Lui. Ici, la « crainte » n’est pas la peur au sens étroit, mais un sentiment de pudeur, de tremblement et de frisson devant la perfection absolue. L’homme craint de « manquer » la connexion avec l’Infini ou de porter atteinte à la volonté suprême. Il existe un concept éxogène au judaisme pour nommer la crainte de la transcendance: le « numineux ». Le concept de « numineux » (Numinous) a été forgé par le théologien et chercheur en religions allemand Rudolf Otto dans son célèbre ouvrage « Le Sacré » (1917). C’est un concept central pour tenter de définir l’expérience religieuse immédiate, au-delà de ses aspects moraux ou rationnels. Otto affirmait que la religion et la foi ne sont pas seulement un système, mais qu’elles découlent d’une expérience émotionnelle puissante de rencontre avec le « Sacré ». Il a nommé cette rencontre le « numineux » (du mot latin Numen signifiant volonté divine ou force spirituelle). L’expérience numineuse est composée du « mystère terrifiant » (Mysterium Tremendum) — c’est le sentiment de se tenir face à quelque chose de sublime et d’effrayant. Elle comprend trois éléments : l’effroi (une peur différente de la peur quotidienne ; un respect profond accompagné d’un frisson), la majesté (le sentiment de nullité de l’homme face à la puissance absolue) et l’énergie (le sentiment d’une force vivante, dynamique et agissante). En plus du « mystère terrifiant », il existe un autre secret : le « mystère fascinant » (Mysterium Fascinans). Malgré l’effroi et la distance, l’expérience numineuse est aussi incroyablement attirante. L’homme éprouve un attrait, un charme et un désir de s’unir à cette force. C’est le paradoxe: le Sacré est simultanément menaçant, réconfortant et splendide. Le numineux est quelque chose de totalement différent de tout ce que nous connaissons dans ce monde. Il transcende les limites du langage et de la logique humaine (irrationnel). On ne peut l’expliquer avec des mots, on ne peut que l’expérimenter. Dans le livre du Baal Shem Tov (Ekev 15), il est écrit : « La bonne crainte est la crainte de la transcendance, où l’on craint le Saint, béni soit-Il, car Il est grand et souverain. C’est la crainte parfaite. Et cette crainte, seuls les cieux la craignent, car les cieux n’ont ni récompense ni châtiment, et c’est pourquoi ils ont dit dans la Michna (Avot chapitre 1) : "Que la crainte du Ciel soit sur vous." » C'est-à-dire que la crainte la plus qualitative est la « crainte de la transcendance » — un état où l’homme ressent un respect sacré envers le Créateur simplement parce qu’Il est grand et dirige le monde, et non par peur d’une punition. C’est la crainte la plus complète. Ce type de crainte ressemble à celle des cieux: les cieux n’attendent aucune récompense et ne craignent aucun châtiment, et pourtant ils « craignent » et s’annulent face au Créateur. C’est pourquoi nos Sages ont dit dans la Michna : « Que la crainte du Ciel soit sur vous » — c'est-à-dire, que vous ayez une crainte pure et élevée découlant de la reconnaissance de la grandeur du créateur, exactement comme la crainte des cieux. Le Rav Kook ajoute dans Shmona kevatsim (Shemona Kevatzim est une série de huit carnets manuscrits du rabbin Abraham Isaac Kook, écrits entre les années 1904 et 1919, et regroupant ses notes philosophiques et spirituelles.): Shmona kevatsim (III, 312) :« Alors, l'homme reconnaît la sainteté suprême de la force de la parole en général et les grands courants des flux de toutes les vies ; et à travers eux, il en viendra à reconnaître la grande richesse propre à la vie de l'esprit, la force de leur vaillance et la profondeur de la grandeur de leur réalité, et les portes de la crainte de révérence s'ouvriront à lui. » Le Rav Kook affirme que c'est au moment où l'homme cesse de considérer sa parole comme une simple action technique, et comprend qu'il s'agit d'une force sainte et créatrice qui relie son monde intérieur à la réalité. Cette compréhension lui ouvre une fenêtre pour voir que l'univers entier n'est pas une collection de détails fortuits, mais un système vivant et vibrant de « flux de vies » – des courants d'énergie spirituelle qui coulent de la source divine et qui insufflent la vie à tout. À partir de ce regard large, l'homme découvre que l'esprit n'est pas une chose abstraite ou faible, mais qu'il possède une richesse, une vaillance et une stabilité bien plus profondes que celles du monde matériel. Le point culminant de cette reconnaissance est le passage d'un sentiment de séparation à un sentiment d'effacement et d'émerveillement ; les portes s'ouvrent, et l'homme est empli de crainte de révérence – non par peur, mais par une expérience puissante de se tenir face à la grandeur infinie et la splendeur de l'existence.
Que les êtres humains sur cette terre ressentent la crainte de la transcendance.
Shabbat Shalom

שמיני תשפורפאל רוזנר"וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי קָרָא מֹשֶׁה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו וּלְזִקְנֵי יִשְׂרָאֵל" (ויקרא ט, א...
10/04/2026

שמיני תשפו
רפאל רוזנר
"וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי קָרָא מֹשֶׁה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו וּלְזִקְנֵי יִשְׂרָאֵל" (ויקרא ט, א). הפסוק הזה פותח את פרשת שמיני, והוא מהווה נקודת שיא בתולדות עם ישראל במדבר. אחרי שבעה ימים של הכנות ("ימי המילואים"), מגיע הרגע שבו המשכן אמור להתחיל לפעול באופן רשמי לפי רש"י ורוב הפרשנים, מדובר בראש חודש ניסן, שנה לאחר יציאת מצרים. במשך שבעת הימים שקדמו לו, משה רבנו הקים ופירק את המשכן בכל יום, וחנך את אהרן ובניו לכהונה. היום השמיני הוא היום שבו השכינה אמורה הייתה לשכון במשכן באופן קבוע. עד לאותו רגע, משה תיפקד כ"כהן" זמני שניהל את העניינים. ביום השמיני, משה מעביר את השרביט לאהרן באופן רשמי. המדרש מפרש את הפסוק באופן מפתיע באמצעות הצגת פסוק מספר משלי (ט א) "חָכְמוֹת בָּנְתָה בֵיתָהּ חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה:" כלומר הפסוק הזה משתמש בדימוי של אישה חכמה שבנתה בית מפואר ויציב כדי לתאר את החוכמה עצמה. בצורה פשוטה, המשמעות היא שהחוכמה אינה מושג מופשט או מקרי, אלא מבנה מתוכנן היטב שיש לו יסודות חזקים. הביטוי "חצבה עמודיה שבעה" מסמל שלמות ויציבות (המספר 7 ביהדות מייצג שלמות), ורומז לכך שהעולם או החיים שלנו זקוקים לבסיס רחב ואיתן של תבונה כדי להתקיים. במילים אחרות: כדי לבנות חיים נכונים או עולם מתוקן, אי אפשר להסתמך על מזל, אלא צריך להשקיע ב"אדריכלות" של השכל והמוסר, שהם העמודים שמחזיקים את הכל.
אך מהי בעצם חוכמה? בספר תהילים (קיא, י) נכתב: "רֵאשִׁית חָכְמָה יִרְאַת ה'", ומכאן שיראת הבורא היא-היא החוכמה. כיצד ניתן להבין את יראת הבורא? מצד אחד, היראה מתאפיינת כסוג של פחד, המכונה "יראת העונש". זוהי הדרגה הבסיסית ביותר, שבה האדם נמנע מעשיית רע מחשש לתוצאות השליליות שיפקדו אותו בעולם הזה או בעולם הבא; היא נחשבת ליראה חיצונית, שכן המניע לה הוא דאגה עצמית. מצד שני, קיימת יראה מסוג אחר המכונה "יראת הרוממות" – יראה הנובעת מהכרה בגדולת הבורא והיקום ומחוויית אפסות האדם מולם. כאן היראה אינה פחד במובנו המצומצם, אלא תחושת חיל, רעדה ובושה אל מול השלמות המוחלטת, כאשר האדם ירא "להחמיץ" את הקשר עם האינסוף או לפגום ברצון העליון. למושג יראת הרוממות קיימת חלופה בלועזית המתקרבת מאוד לרעיון זה: "הנומינוזי". המושג "נומינוזי" (Numinous) נטבע על ידי התיאולוג וחוקר הדתות הגרמני רודולף אוטו בספרו המפורסם "הקדושה" (1917), והוא משמש מושג מרכזי בניסיון להגדיר את החוויה הדתית הבלתי-אמצעית, מעבר להיבטיה המוסריים או הרציונליים. אוטו גרס כי הדת צומחת מתוך חוויה רגשית עזה של מפגש עם ה"קדוש", מפגש שלו קרא "נומינוזי" (מהמילה הלטינית Numen, שפירושה רצון אלוהי או כוח רוחני). לפי אוטו, החוויה הנומינוזית מורכבת מ"הסוד המרעיד" (Mysterium Tremendum) – תחושת העמידה מול משהו נשגב ומטיל אימה. "הסוד המרעיד" מתפצל לשלושה רבדים: ה"אימה", שהיא פחד השונה מהפחד היומיומי ומהווה יראת כבוד עמוקה המלווה ברטט; ה"עליונות", שהיא תחושת האפסות של האדם מול הכוח המוחלט; וה"חיוניות", שהיא תחושה של כוח חי, דינמי ופועל. בנוסף לסוד המרעיד קיים רכיב נוסף: "הסוד המקסים" או "המושך" (Mysterium Fascinans) – למרות האימה והמרחק, החוויה הנומינוזית מושכת בצורה בלתי רגילה, והאדם חש קסם ורצון להתאחד עם אותו כוח. זהו הפרדוקס: הקדוש הוא בו-זמנית מאיים ומנחם, מרתיע ומרהיב. הנומינוזי הוא "האחר המוחלט", דבר השונה לחלוטין מכל המוכר לנו בעולם הזה וחורג מגבולות השפה וההיגיון האנושי; הוא אי-רציונלי, ואי אפשר להסבירו במילים אלא רק לחוותו. בספר הבעל שם טוב (פרשת עקב, טו) נכתב: "היראה הטובה היא יראת הרוממות שמתיירא מהקדוש ברוך הוא בגין דאיהו רב ושליט, זוהי היראה השלימה, וזו היראה אינו מתיירא רק השמים כי השמים אין לו שכר ועונש ועל כן אמרו במשנה (אבות פרק א') ויהי מורא שמים עליכם". כלומר, היראה האיכותית ביותר היא יראת הרוממות – מצב שבו האדם חש יראת כבוד כלפי הבורא פשוט מפני שהוא גדול ושליט בעולם, ולא בשל פחד מעונש. זוהי היראה השלמה ביותר, הדומה ליראת השמיים: כשם שהשמיים אינם מצפים לשכר ואינם יראים מעונש, ובכל זאת הם "יראים" ומבטלים עצמם כלפי הבורא, כך הורו חז"ל במשנה "ויהי מורא שמיים עליכם" – שתהיה לכם יראה טהורה ונעלה הנובעת מהכרה בגדולת האל, בדומה ליראתם של השמיים. מוסיף הקב קוק בשמונה קבצים (שמונה קבצים' הם סדרה של שמונה מחברות כתב יד מאת הרב אברהם יצחק הכהן קוק, שנכתבו בין השנים תרס"ד–תרע"ט (1904–1919) ומאגדות בתוכן את רשימותיו ההגותיות.): (שמונה קבצים ג ריב): "ואז מכיר האדם את קדושתו העליונה של כח הדיבור בכלל ואת הזרמים הגדולים של שפעי החיים כולם, ומתוכם יבוא להכיר את העושר הגדול אשר לחיי הרוח, את עז גבורתם ועומק גודל מציאותם, ויפתחו לו שערי יראת הרוממות." הרב קוק אומר שברגע שבו האדם מפסיק להתייחס לדיבור שלו כאל פעולה טכנית בלבד, הוא מתחיל להבין שמדובר בכוח קדוש שמחבר בין עולמו הפנימי למציאות. הבנה זו פותחת לו צוהר לראות שכל היקום אינו אוסף של פרטים מקריים, אלא מערכת חיה ופועמת של "שפעי חיים" - זרמים של אנרגיה רוחנית שזורמים מהמקור האלוקי המעניק חיות לכל. מתוך המבט הרחב הזה, האדם מגלה שהרוח אינה דבר מופשט או חלש, אלא יש לה עושר, גבורה ויציבות עמוקה בהרבה מזו של העולם החומרי. השיא של הכרה זו הוא המעבר מתחושת נפרדות לתחושה של התבטלות והשתאות; השערים נפתחים, והאדם נמלא ביראת רוממות – לא מתוך פחד, אלא מתוך חוויה עוצמתית של עמידה מול הגודל האינסופי והדר המציאות.
אני מאחל שבני אדם עלי אדמות יזכו ליראת הרוממות
שבת שלום

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