11/04/2026
On ne peut pas simplement "mettre le TDAH ou l’autisme de côté un instant".
On ne peut pas “ignorer nos traits” quand on nous le demande.
C’est comme demander à une personne daltonienne de voir le rouge juste pour cette situation. Puis de retourner à ne plus le voir après.
Ou demander à quelqu’un qui ne peut pas marcher de marcher “juste un petit peu”.
On voit bien à quel point ça sonne absurde.
C’est la même chose pour le TDAH ou l’autisme. (Et pour d’autres conditions aussi, mais parlons de celles que je connais le mieux.)
Comme les personnes neurotypiques ne contrôlent pas une grande partie de leurs processus cérébraux… nous non plus.
La différence, c’est que la société a été construite par et pour les neurotypiques. Donc leur fonctionnement devient la référence. La norme à suivre.
Et on s’attend à ce qu’on s’y adapte.
Mais c’est injuste.
Comme tout le monde, on évolue. On apprend. On gagne en maturité.
Mais on évolue avec notre cerveau, pas contre lui.
Il y a des choses que je ne pouvais pas faire quand j’étais plus jeune et que je peux faire aujourd’hui. Par exemple garder un emploi.
Et il y a des choses que je pouvais faire plus jeune et que je ne peux plus faire aujourd’hui. Comme sortir socialiser toutes les semaines.
Mais certaines choses, elles, n’ont jamais changé.
Mes stims.
Mes shutdowns.
Mon introversion.
Mes intérêts spécifiques du moment.
La façon dont mon cerveau traite l’information.
Ma mémoire à court terme.
Ma motivation intrinsèque.
Mon besoin de choisir les mots justes.
Mes fonctions exécutives.
Même si j’ai grandi, même si ma perception du monde s’est transformée… tout ça reste cohérent avec mon cerveau AuDHD.
On ne peut pas simplement mettre l’autisme ou le TDAH sur pause.
Ce n’est pas quelque chose qu’on peut enlever pour quelques minutes.
Ce n’est pas possible.