01/01/2026
Je commence l’année avec quelques réflexions philosophiques suite à une conversation. Lorsque l’on voit quelqu’un penser tout négativement et blasé de la vie, j’avais besoin de trouver des arguments tangibles pour expliquer que l’attitude et les pensées que l’on sème ont une influence essentielle sur ce ce que l’on recolte…
Alors je fais appel à l’ia pour m’aider à comprendre et à argumenter.
Les pensées influencent-elles vraiment ce qui nous arrive ?
Regards croisés de la science, du yoga et de l’ayurveda
L’idée selon laquelle « nos pensées créent notre réalité » est aujourd’hui très répandue. Elle peut être inspirante, mais aussi culpabilisante lorsqu’elle est prise au pied de la lettre. Que disent réellement la science, le yoga et l’ayurveda à ce sujet ? Ont-ils des points de convergence ? Et surtout : comment comprendre l’influence des pensées de manière juste, nuancée et libératrice ?
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1. Ce que la science peut affirmer aujourd’hui
Les pensées influencent le corps et le système nerveux
Les recherches en psychoneuroimmunologie ont montré que les états mentaux influencent les fonctions physiologiques : sécrétion hormonale, inflammation, immunité, rythme cardiaque ou qualité du sommeil.
Des pensées répétées de peur, de rumination ou d’anticipation négative activent durablement l’axe du stress (hypothalamo-hypophyso-surrénalien), augmentant le cortisol et maintenant le corps en état d’alerte chronique. À l’inverse, des états mentaux plus calmes et sécurisants favorisent la régulation du système nerveux autonome.
👉 Les pensées ne sont donc pas abstraites : elles ont une empreinte biologique réelle.
Références scientifiques (sélection) :
• Cohen, S. et al., Psychological Stress and Disease
• McEwen, B. (2007), Physiology and neurobiology of stress and adaptation
• Davidson & McEwen (2012), Social influences on neuroplasticity
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L’effet placebo : le rôle central des croyances et des attentes
L’effet placebo constitue l’une des démonstrations les plus solides de l’influence des croyances sur l’expérience corporelle. Lorsqu’une personne croit recevoir un traitement efficace, des modifications mesurables apparaissent dans le cerveau et le corps (douleur, symptômes, neurotransmetteurs), même en l’absence de substance active.
À l’inverse, l’effet nocebo montre que des attentes négatives peuvent provoquer ou aggraver des symptômes.
👉 Cela ne signifie pas que la pensée « crée » la maladie ou la guérison, mais qu’elle module l’expérience vécue, notamment par les mécanismes d’anticipation et de perception.
Références :
• Benedetti, F. (2014), Placebo Effects
• Wager et al., Neuroimaging of placebo analgesia
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2. Pensées, comportements et trajectoires de vie
L’influence la plus déterminante des pensées passe par le comportement.
La prophétie autoréalisatrice
Le sociologue Robert K. Merton a montré que certaines croyances peuvent produire des effets réels simplement parce qu’elles orientent nos actions.
Par exemple :
• « Je ne suis pas capable » → évitement, découragement → moins d’expériences → renforcement de la croyance
• « Je peux apprendre progressivement » → engagement → ajustement → développement de compétences
La pensée n’agit pas seule, mais elle oriente :
• les choix
• la persévérance
• la manière d’interpréter les événements
• la relation à l’échec
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Optimisme réaliste et psychologie positive
Les travaux de Martin Seligman et d’autres chercheurs montrent que les personnes développant un optimisme réaliste présentent :
• une meilleure résilience émotionnelle
• une plus grande persévérance
• une meilleure santé mentale
• une récupération plus rapide après les difficultés
Il ne s’agit pas de nier la souffrance, mais d’éviter les schémas mentaux rigides et catastrophistes.
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3. Le regard du yoga : apaiser les fluctuations du mental
Dans la tradition du yoga, la question n’est pas de “penser positif”, mais de comprendre la nature du mental.
Le Yoga Sūtra de Patañjali définit le yoga ainsi :
Yogaś citta-vṛtti-nirodhaḥ (YS I.2)
« Le yoga est l’apaisement des fluctuations du mental. »
Les pensées (vṛtti) sont vues comme des mouvements naturels de l’esprit. La souffrance naît lorsque l’on s’y identifie :
Tadā draṣṭuḥ svarūpe’vasthānam (YS I.3)
« Alors, le sujet demeure établi dans sa vraie nature. »
Le yoga n’enseigne donc pas à remplacer une pensée négative par une positive, mais à :
• observer les pensées
• développer le discernement (viveka)
• cultiver la stabilité intérieure
• réduire la réactivité émotionnelle
La pratique du souffle (prāṇāyāma), des postures et de la méditation agit directement sur le système nerveux, ce que la neuroscience confirme aujourd’hui.
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4. Le point de vue de l’ayurveda : le lien entre mental et équilibre global
L’ayurveda considère le mental (manas) comme indissociable du corps. Les états mentaux influencent les doshas :
• Vata : anxiété, dispersion, peur
• Pitta : irritation, critique, colère
• Kapha : inertie, attachement, lourdeur
Un mental perturbé contribue au déséquilibre, mais il n’en est jamais l’unique cause. L’ayurveda insiste sur une approche globale : alimentation, rythme de vie, respiration, soins, environnement et qualité de présence.
Les textes classiques évoquent l’importance de sattva (clarté, stabilité, lucidité) comme qualité essentielle de l’esprit.
Sattvāt sañjāyate jñānam
« De la clarté naît la connaissance »
— Bhagavad-Gītā, XIV.17
Ainsi, cultiver un mental plus clair ne consiste pas à forcer des pensées agréables, mais à créer les conditions favorables à l’équilibre.
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5. Une vision intégrative et libérante
Ni la science, ni le yoga, ni l’ayurveda n’affirment que nos pensées attirent magiquement les événements.
En revanche, tous montrent que :
• les pensées influencent le système nerveux et le corps
• les croyances modulent notre perception
• les états mentaux orientent nos comportements
• nos comportements façonnent progressivement notre vie
La transformation ne passe donc pas par le contrôle mental, mais par une relation plus consciente, plus douce et plus incarnée à ce qui nous traverse.
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En conclusion
Les pensées ne sont ni toutes-puissantes, ni anodines. Elles font partie d’un écosystème complexe reliant le corps, le souffle, les émotions, l’environnement et la conscience.
Le yoga et l’ayurveda nous invitent à ralentir, à observer et à cultiver la clarté plutôt qu’à lutter contre notre mental. C’est dans cette qualité de présence que peuvent émerger plus de stabilité, de discernement et de liberté intérieure.