13/02/2025
💊 Les essais cliniques sur le TDAH sont-ils représentatifs de la réalité ?
🔍 De plus en plus d’adultes récemment diagnostiqués commencent un traitement pour le TDAH. Pourtant, certains peinent à trouver une option efficace sur le long terme, notamment en raison de comorbidités comme l’anxiété ou une consommation de substances. Or, la littérature scientifique estime que 20 à 30 % des adultes atteints de TDAH ne répondent pas aux traitements.
📚 Les essais cliniques randomisés (RCTs), considérés comme la référence scientifique, appliquent des critères d’exclusion stricts :
🔹 Troubles psychiatriques associés (anxiété, dépression, troubles bipolaires, psychose…)
🔹 Antécédents de consommation de substances
🔹 Certaines maladies physiques (problèmes cardiovasculaires, épilepsie…)
🔹 Autisme ou déficience intellectuelle
💡 Pourtant, ces comorbidités sont très fréquentes dans la vraie vie. Une étude américaine avait déjà montré que seuls 31 % des adultes suivis en clinique pour un TDAH auraient pu être inclus dans un essai clinique. Mais cette analyse restait limitée à une seule étude et à la population adulte.
🧪 Une récente recherche publiée dans The Lancet Psychiatry a analysé un large échantillon de 189 699 enfants, adolescents et adultes diagnostiqués avec un TDAH en Suède et sous traitement médicamenteux. Les chercheurs ont comparé leur éligibilité aux RCTs et examiné leur parcours de soins.
📊 Résultats marquants :
🔹 53 % des patients traités pour un TDAH n’auraient pas pu participer aux essais cliniques.
🔹 Plus l’âge avance, plus l’exclusion est fréquente :
👦 21 % des enfants
🧑🎓 35 % des adolescents
👨🦳 74 % des adultes
💡 Ces patients exclus présentent un parcours médical plus complexe :
🔹 Changements fréquents de traitement : ils passent plus souvent d’un médicament à un autre.
🔹 Hospitalisations psychiatriques : risque multiplié par 10 dans l’année suivant le début du traitement.
🔹 Troubles liés aux substances : 14 fois plus de consultations pour addiction.
🔹 Troubles de l’humeur et anxiété : suivi 6 fois plus fréquent pour dépression et 11 fois plus pour anxiété.
🔹 Accidents et blessures : risque accru de 31 %.
➡️ Actuellement, les recommandations de traitement du TDAH reposent sur des essais cliniques qui excluent une grande partie des patients concernés.
🤔 Des questions essentielles se posent :
🔹 Faut-il assouplir les critères d’inclusion des essais cliniques ?
🔹 Développer des études plus pragmatiques, intégrant des profils variés ?
🔹 Adapter les recommandations pour mieux refléter la diversité des patients ?
🔄 À suivre…
Source :
Miguel Garcia-Argibay et al. (2025). Evaluating ADHD medication trial representativeness: a Swedish population-based study comparing hypothetically trial-eligible and trial-ineligible individuals. The Lancet Psychiatry, 12(2), 131-139.