15/04/2026
Il y a des corps qui restent en alerte
même quand plus rien ne menace réellement.
Regard en périphérie.
Respiration courte.
Pensées en boucle.
Anticipation constante.
L’hypervigilance s’installe rarement par hasard.
Elle s’organise comme une réponse intelligente,
un système qui a appris à surveiller pour protéger.
Puis, avec le temps,
elle ne protège plus vraiment.
Elle maintient sous tension.
Le corps reste prêt.
L’esprit ne se dépose plus.
Le présent devient inaccessible.
Ce qui était une adaptation devient un cadre.
En séance, il ne s’agit pas de “faire disparaître” cet état.
Il s’agit de redonner de la mobilité au système.
Relâcher ce qui s’est figé.
Réintroduire des espaces de sécurité réelle.
Permettre au corps de sortir de la vigilance permanente.
Quand la tension diminue, quelque chose réapparaît :
la présence.
Et avec elle, une capacité simple, souvent oubliée :
choisir.
Choisir une réponse plutôt qu’une réaction.
Choisir une direction plutôt qu’un automatisme.
Choisir sans être guidé uniquement par l’alerte.
Le travail ne consiste pas à devenir quelqu’un d’autre.
Il consiste à retrouver l’accès à soi.