20/10/2011
La tétine : la solution miracle ?
La tétine apaise, calme les pleurs et réconforte, mais les parents en abusent parfois.Voici quelques informations sur la tétine, ainsi que des conseils pour bien la choisir.
* Avantages de la tétine pour bébé
Un bébé a physiologiquement besoin de téter puisque cela lui apporte plaisir et détente grâce à l’endomorphine (hormone du bien être) qui est secrétée lors de la succion. La tétine, comme l’allaitement ou le pouce, est donc un bon moyen d’apaiser le stress ou l’énervement de bébé (c’est pour cela que les bébés s’endorment après une tétée), et de lui procurer des sensations de sécurité.
L’effet calmant de la tétine est souvent recherché
La tétine a aussi un rôle sur la qualité du sommeil : elle facilite en effet l’acquisition des rythmes et de l’auto-apaisement. Les bébés "s**eurs" seraient capables plus tôt que les autres de se rendormir la nuit et d’espacer leurs repas nocturnes.
De plus, la tétine en dormant diminuerait le risque de mort subite. En effet, la bouche ouverte autour de la s**ette diminuerait le risque de reflux et favoriserait la ventilation.
* Inconvénients de la tétine pour bébé
La tétine, lorsqu’elle est proposée trop tôt, peut compromettre la réussite de l’allaitement au sein. Si, dès ses premiers jours, bébé tète la tétine plutôt que le sein de sa mère, la production de lait ne va pas être lancée correctement, pouvant amener l’échec de l’allaitement.
Malgré les promesses des fabricants, la tétine ne serait pas du tout ergonomique : ce corps étranger dans la bouche de nos enfants déforme les palais et fosses nasales, et favoriserait, à long terme, les otites et les obstructions nasales. La tétine aurait aussi, comme le pouce, un effet néfaste sur la mâchoire : en repoussant les dents, elle empêche les deux mâchoires de se placer l’une sur l’autre et provoque ainsi des déformations. De plus, le surplus de salivation dû à l’usage de la tétine entraine un lavage des dents plus difficile, et un risque élevé de caries.
La tétine est aussi un vrai nid à microbes : ça tombe souvent par terre, ça traine partout, ça passe entre toutes les mains, voire entre toutes les bouches, à la crèche ou à la maison...
La tétine n’est pas sans conséquences sur le plan psychologique : donner une tétine au moindre pleur de bébé, c’est lui proposer la solitude plutôt que le réconfort et l’écoute de ses parents. Peu à peu, la totote devient un rempart contre le monde extérieur. L’enfant se réfugie derrière sa tétine et retarde la communication.
Pour certains parents, ne pas pousser son enfant à lâcher la tétine, ne pas lui apprendre à l’ôter de la bouche pour parler équivaut à le maintenir dans un statut de bébé. Tant qu’il s**e la tétine, il est petit... même s’il a grandi !
* Arrêter la tétine
trop souvent, dès que bébé pleure ou manifeste la moindre mauvaise humeur, hop, réflexe tétine ! Résultat : il devient vite impossible à l’enfant de s’en passer. On a créé le besoin, et pour longtemps.
Le problème est que plus on garde la tétine longtemps, plus les déformations s’accentuent, et plus il est difficile d’arrêter la tétine. L’arrêt de la tétine doit donc être progressif, mais avoir lieu avant les 6 ans de l’enfant. Pas question d’arracher la tétine du jour au lendemain. C’est trop violent, traumatisant et inefficace. Parlez avec votre enfant, expliquez-lui les raisons pour lesquelles il faut arrêter. Proposez-lui un «contrat» : « la tétine, on s’en passera dans X mois ».
Pour y parvenir, on va d’abord s’en passer dans la journée, au cours des activités : pas de tétine à l’école, ni lors des sorties, des activités. Elle est réservée aux moments d’intimité : à la maison, quand on est fatigué, pour s’endormir... Il faudra être ferme et déterminé : si l’enfant sent que nous ne sommes pas très décidés, il n’aura aucune raison d’arrêter la s**ette.
Si l’idée de se séparer de sa tétine lui est insupportable, proposez de la garder dans votre sac et de la sortir en cas d’urgence. Récompensez chaque progrès ( mais surtout pas avec des bonbons !), même pour une demi-journée sans tétine.
Si vraiment tout échoue, si la résistance est très forte, c’est probablement que la tétine n’est que l’expression d’un problème plus profond. Dans ce cas, une ou deux séances avec un pédo-psychiatre parviendront à dénouer le problème : la parole du professionnel aura plus de poids que la votre. Parfois, une seule consultation suffit pour arrêter la s**ette !
Dans le fond, la meilleure manière de s’arrêter, c’est...de ne pas commencer ! Alors, si vous le pouvez, ne cédez pas à la tentation de la tétine lors de la naissance de bébé : préférez-lui un doudou (une simple couche en tissu étant de loin la meilleure formule : lavable, interchangeable et économique) et câlinez-le le plus possible. C’est vrai, c’est exigeant... mais le résultat en vaut la chandelle : pour les dents, bien sûr mais aussi et surtout pour le sentiment de sécurité indestructible que vous lui donnerez !