20/05/2025
« On nous demande souvent si on aime notre métier.
Alors voilà :
Oui, on l’aime.
Même quand il ressemble à une épreuve de Koh-Lanta spécial dos cassé.
4e étage, pas d’ascenseur, escalier en colimaçon.
À descendre : une chaise portoir, un patient tout en délicatesse (et en gravité), et nos rêves de lombaires en bonne santé.
Le patient : “C’est pas trop lourd pour vous ?”
Nous : “Non non, c’est notre cardio du jour, on remplace la salle de sport par la cage d’escalier.”
Dos en miettes, genoux en feu, mais toujours avec le sourire (intérieur).
Ambulancier : l’art de faire du sport extrême… sans abonnement. »
Parce qu’être ambulancier, ce n’est pas juste conduire une ambulance.
C’est aussi :
— savoir faire demi-tour dans un couloir de 80 cm,
— connaître par cœur tous les étages sans ascenseur du quartier,
— et garder son calme pendant qu’on descend quelqu’un sur une chaise brinquebalante, tout en souriant. (Même si le sourire est intérieurement accompagné de quelques insultes au sort.)
Mais au fond, malgré la fatigue, les douleurs, les horaires à rallonge et les escaliers qui n’en finissent pas…
On continue.
Parce qu’on a choisi ce métier.
Et parce qu’on sait que, pour certains, notre présence fait toute la différence.
Alors oui, parfois on râle (souvent, même).
Mais toujours avec respect.
Et un soupçon d’auto-dérision pour tenir bon.