Syndicat de la Fonction Publique

Syndicat de la Fonction Publique Le SFP est le plus ancien des trois syndicats représentatifs dans la fonction publique territoriale polynésienne. N° T.A.H.I.T.I. : 722777.

Depuis sa création, le SFP en Polynésie Française (anciennement connu comme SCFP), organisation syndicale représentative dans la Fonction Publique, a lutté pour faire reconnaître les droits des agents publics œuvrant dans l’administration. Le SFP est notamment le seul syndicat de la fonction publique territoriale qui a choisi :
- de ne défendre que les agents publics. Ceci implique que les moyens

obtenus grâce à nos sympathisants leur servent effectivement et ne soient pas employés à d’autres usages, comme recruter dans le privé ;
- en 2011 et 2013 de se positionner contre les mesures dérogatoires au principe du concours proposées par les Gouvernements de l’époque (deux LP invalidées) ;
- de faire une action concrète (un recours au tribunal administratif) sur la non-revalorisation du point d’indice. Le SFP est ouvert à tous (catégories C, D, ANFAs, ANTs). Le syndicat dispose notamment de :
- 8 sièges dans les CAP (352 voix sur 2997 suffrages lors du scrutin du 30/11/2016), et en conséquence, 1 siège au sein du Conseil Supérieur de la Fonction Publique (CSFP), organisme majeur de la FPT ;
- 6 sièges dans les CTP (244 suffrages sur 3467 le 15/04/2015) ;
- 1 siège à la Commission Paritaire Consultative (équivalent des CAP pour les ANFAs) ainsi que 1 siège à la Commission d'Interprétation et de Conciliation (équivalent du CSFP pour les ANFAs). Si nos résultats électoraux peuvent sembler faibles, c’est que jusqu’à présent l’administration nous a bloqué dans notre action en ne nous octroyant pas les décharges d’activité auxquelles nous avions droit (ne nous permettant pas d'organiser correctement les élections). Puisque nous en bénéficions désormais, nous restons à la disposition des agents pour organiser toute réunion au sein des services, en fonction des besoins. On peut noter que le SFP attaque souvent l’administration, mais cette situation n’est pas de notre fait. Nous nous contentons de lutter contre la manie de certains à vouloir déroger aux règles établies. Par ailleurs, nous ne sommes pas systématiquement dans une position conflictuelle, et nous essayons d’être force de proposition. Bien que souvent ignorés, nous avons regroupés nos propositions dans un document (publié sur notre site internet) que nous faisons évoluer au fur et à mesure de nos rencontres avec les agents.

Avril 2026 - Plus de comité médical…Statutairement, notre administration dispose d’un comité médical composé de personne...
15/04/2026

Avril 2026 - Plus de comité médical…

Statutairement, notre administration dispose d’un comité médical composé de personnes expertes dont le rôle est de valider ou non, les demandes de placement en congés de longue durée ou de longue maladie. Jusqu’à fin 2025, ce comité médical se réunissait de manière régulière et les dossiers étaient parfaitement examinés. Le mandat de ces personnes est limité dans le temps et les membres de ce comité doivent donc être nommés à intervalles réguliers. Mais voilà que personne n’a jugé opportun de nommer le nouveau comité médical une fois atteint le terme du dernier mandat ! Et cette "bévue" est loin d’être sans conséquence…

Je me prénomme Heitiare, prénom d’emprunt, et mon histoire ressemble sans doute à celle que vivent aujourd’hui des dizaines de fonctionnaires de notre administration.

Les aléas de la vie sont peu maîtrisables, et comme la très grande majorité des personnes dans mon cas, j’ai fini par être placée en arrêt de longue maladie.

Il y a les maladies qui se voient et pour lesquelles la décision s’arrête à l’évidence du dossier médical. Pour eux il ne devrait même pas y avoir de comité médical. Et il y a celles moins visibles, comme la dépression, qui sont moins évidentes à cerner, mais qui s’avèrent tout aussi invalidantes que les premières.

Je vois venir les détracteurs habituels avec leurs raccourcis intellectuels qui pensent que bien des personnes en arrêt pour longue maladie sont des fainéants qui refusent de travailler. Peut-être existe-t-il des personnes qui ont réussi à berner le système et en profiter. Mais je doute fort qu’elles représentent la majorité.

Le comité médical effectue son travail consciencieusement et j’ai du mal à penser qu’il se contente de simplement valider les demandes qui lui sont présentées.

Cela fait de longs mois que j’ai ainsi été placée en arrêt pour longue maladie, puis en congé de longue durée, et croyez-moi, je préfèrerais amplement être au travail. D’ailleurs, c’est sans doute pour avoir pensé trop longtemps que je pouvais continuer à travailler sans me préserver que mon état de santé s’est dégradé au point que je ne puisse plus continuer.

Il ne se passe pas une journée sans que je ne sois confrontée à des remarques fort désobligeantes. Et le pire, c’est qu’elles proviennent autant de connaissances lointaines que de mon entourage proche. Ces personnes ne parviennent pas à comprendre ce que je traverse.

Je ne leur en veux pas, je n’en ai pas la force de toutes façons.

Le comité médical propose des arrêts de longue maladie ou longue durée qui peuvent d’être de trois mois, six mois ou d’un an et qui sont renouvelables après réexamen du dossier.

Cette procédure est bien normale puisqu’elle vise à réévaluer à intervalles réguliers la capacité des agents à reprendre leur travail et ainsi réduire les absences hors de l’administration.

Et que les grands moralisateurs se rassurent, il est impossible de rester indéfiniment dans cette situation. Le maximum est me semble-t-il de trois ans. Par ailleurs, les contrôles sont fréquents et réguliers, il est donc difficile de « tricher » bien longtemps. Et si la tricherie est décelée, ce n’est pas sans implication…

Comme bien des personnes que j’ai croisées qui sont dans une situation comparable à la mienne, tout a commencé par un management très agressif, autoritaire, sans doute qualifiable de « harcèlement ». Cependant, aucun d’entre nous n’a eu l’énergie, ou peut-être le courage, de le faire reconnaître comme tel devant les tribunaux.

Peut-être par lâcheté dirons certains, nous avons préféré la fuite, les arrêts médicaux et une certaine léthargie. En comme les problèmes volent en escadrille, à ce tourment professionnel viennent en général se greffer ceux de la vie personnelle. L’incompréhension des personnes proches qui n’ont jamais connu pareilles difficultés professionnelles génère des conflits sévères dans sa sphère familiale.

Par ailleurs, et non des moindres, la rémunération est divisée par deux au bout d’une année en arrêt de longue maladie mais elle peut être temporairement maintenue avec un congé de longue durée… donc les personnes qui restent en longue maladie sont véritablement malades au point de préférer perdre la moitié de leur rémunération plutôt que de se forcer à reprendre leur travail.

L’avis du comité médical est lourd de conséquence, puisque le placement en congé de longue maladie ou de longue durée, garantit le maintien de la rémunération pendant un certain temps, ce que ne permettent pas des arrêts successifs délivrés par son médecin traitant.

Comme le prévoit la réglementation, hors comité médical, au bout de trois mois d’arrêt consécutifs, la rémunération est divisée par deux. Et pour les petits malins qui penseraient qu’il est possible d’alterner congés et arrêts… il semble que le tribunal administratif et la CPS aient déjà clarifié la situation.

Les congés qui viennent juste derrière des arrêts sont semble-t-il inclus dans la détermination de la période d’absence. Donc deux mois et demi de maladie prolongés par 15 jours de congés aboutissent aux trois mois qui enclenchent le dégrèvement de la rémunération.

L’avis du comité médical est donc crucial. Il détermine le maintien, ou pas, de la rémunération. Et lorsqu’on a des problèmes de santé, il n’est pas bon d’y ajouter des problèmes financiers.

Mais voilà…

Les membres de ce comité médical sont nommés pour une période donnée. A l’issue de cette période, ils doivent soit être remplacés, soit nommés de nouveau s’ils acceptent la mission. Comme ils sont nommés pour plusieurs années, leur reconduction ou leur remplacement laisse du temps pour anticiper les opérations et éviter ainsi une rupture.

Sauf que… personne n’a songé à nommer un nouveau comité médical qui fasse le lien avec l’ancien. Et comme l’inertie est grande dans notre administration, il faut des mois pour obtenir un simple arrêté du conseil des ministres.

Plus de comité médical, plus de possibilité d’être prolongée dans sa longue maladie, et donc plus possible de se battre sereinement contre la maladie car risquent de venir se greffer des problèmes financiers.

S’agit-il d’un coup de maître du gouvernement pour mettre fin à tous les arrêts de longue maladie, ou les congés de longue durée ? Il y a de quoi s’interroger…

Le flou juridique est maintenant total… Le comité médical existe, il n’a pas été dissout… ses membres n’ont tout simplement plus de mandat.

Cependant, pour être prolongé en arrêt longue maladie ou en congé de longue durée, il faut impérativement l’avis de ce comité médical. Mais sans réunion de celui-ci, pas d’avis !

Entre-temps, bien des fonctionnaires comme moi arrivent au bout de la période accordée en longue maladie ou en congé de longue durée. Et là… comment fait-on ?

Votre médecin traitant vous déclare inapte au travail… mais que faites-vous de cette information ? Vous la transmettez à un comité médical qui ne se réunit plus et ne peut donc plus émettre d’avis ?

Alors pour ne pas risquer de me retrouver dans une situation inextricable, même si je sais qu’il est presque impossible pour moi de reprendre le travail dans les conditions actuelles, je vais devoir me résigner. Mon spécialiste me déconseille de reprendre… mais ce n’est pas lui qui paye les traites de ma maison.

Je suis sous médicaments pour calmer mes anxiétés et cela me rend parfois amorphe. Je prends également des médicaments pour pouvoir dormir et ces derniers m’assomment parfois… Mais que puis-je faire d’autre que reprendre en l’absence de comité médical ? Et une fois en poste, que pourrais-je accomplir au quotidien dans mon service ?

Je vais reprendre bientôt. Il n’est même pas certain que le médecin du travail me déclare apte. Mais je vais devoir lui expliquer que dans la circonstance, il doit impérativement me déclarer apte car je ne peux pas me permettre de voir réduite ma rémunération, au risque de perdre mon logement.

Ma hiérarchie devra s’accommoder de cette situation et heureusement pour elle, je n’occupe pas un poste où mes erreurs peuvent être trop lourdes de conséquences.

Alors je pense à d’autres personnes que je connais et qui sont dans une situation comparable à la mienne et dont les fonctions n’ouvrent pas trop droit à l’erreur.

L’administration préfère ainsi prendre des risques dont les conséquences financières pourraient être bien supérieures aux indemnités versées aux membres du comité médical.

Voilà, je suis une fonctionnaire comme il en existe des dizaines d’autres. Et je fais partie des plus chanceuses, car je ne suis pas atteinte d’un cancer où d’une maladie trop invalidante. S’il m’est difficile d’être véritablement productive, je peux cependant faire acte de présence.

Mais qu’en est-il de toutes ces personnes atteintes de cancer ou autres maladies graves qui ne peuvent même pas se rendre sur leur lieu de travail ? A des conditions de vie dégradées par leur état de santé vont maintenant s’ajouter des difficultés financières… simplement parce que personne n’a anticipé la fin de mandat des membres du comité médical.

Mars 2026 - Séminaire Peperu… quelques informationsEn septembre 2025 le gouvernement organisait son grand séminaire Pepe...
30/03/2026

Mars 2026 - Séminaire Peperu… quelques informations

En septembre 2025 le gouvernement organisait son grand séminaire Peperu sur la réforme de l’administration. Un clin d’œil au livre « Un va’a sans peperu » publié par notre syndicat, dont Madame la Ministre de la fonction publique avait reçu une version avancée dès la mi-2023. A ce jour, bien qu’il fût publiquement annoncé par le Président du Pays que le groupe d’experts avait remis sa copie, il n’y a eu aucune restitution officielle. Aucun document n’a été présenté aux organisations syndicales. Cependant, il semble qu’un travail ait été réalisé puisque l’un de nos représentants a pu mettre la main sur des documents de restitution… petit tour d’horizon.

En toute catimini

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement est resté particulièrement discret sur la restitution des ateliers et les conclusions de ce séminaire.

Les documents auxquels nous avons eu accès ne sont pas des scoops. Ils n’ont pas été dérobés, nous ne les avons pas récupérés entre deux portes, il n’y a pas eu de source anonyme… non rien de tout cela. Un de nos représentants les a découverts sur la plateforme Honouira et il nous les a transmis. Six présentations couvrant les six thèmes principaux du séminaire :
1. La collaboration institutionnelle ;
2. Le périmètre d'action de l'administration ;
3. La proximité avec les usagers ;
4. La simplification et la qualité du service public ;
5. Le régime indemnitaire
6. Les cadres d'emploi.

Nous pensions que le gouvernement communiquerait de manière plus officielle, en présentant notamment le fruit de cette réflexion aux organisations syndicales. Nous sommes donc surpris de la démarche et de l’absence d’échange avec les partenaires sociaux. Pourtant, l’enjeu est de taille, particulièrement lorsqu’il touche à des sujets comme les cadres d’emploi ou les régimes indemnitaires.

Toutes les présentations sont élaborées selon une trame identique qui démarre par un constat et se poursuit par des objectifs auxquels sont associés des leviers et des contraintes. Enfin, chaque présentation s’achève par l’énumération de pistes de réflexions et de quelques « actions ».

Nous mettons en accès libre ces présentations sur notre site internet (https://sfppolynesie.org/publications/)

Le contenu des présentations y est précisément celui accessible sur Honouira. Nous avons simplement corrigé des fautes d’orthographe et parfois aéré le texte sans en modifier la présentation afin de le rendre plus lisible.

Que les plus inquiets se rassurent, le changement n’est pas pour demain. Dans bien des cas, l’analyse s’arrête sur quelques réflexions larges et peu concrètes.

A la fin de cette lettre mensuelle, nous avons tenté de résumer chacune de ces présentations en quelques lignes.

Un message confus à recentrer

La lecture des six présentations est diffuse et laisse entrevoir des objectifs disparates, composés tels une liste à la Prévert. En ce sens, ces six présentations sont comme les pièces d’un puzzle dont l’image finale est particulièrement floue.

Une réforme de l’administration ne doit en aucun cas courir trop d’objectifs simultanément, au risque de n’en atteindre aucun. Il est donc regrettable que quelques grands principes n’aient pas émergé de ce travail. Ils apparaissent pourtant en filigrane pour ceux qui ont un esprit de synthèse.

Ces six thèmes couvrent en réalité deux angles de vision de l’administration. En premier lieu une vision vers l’extérieur qui n’est autre que la relation à l’usager. En second lieu, une vision vers l’intérieur orientée sur le fonctionnement interne de l’administration. Malheureusement, le séminaire s’est ici limité aux problèmes des indemnités et des cadres d’emploi.

La première approche constitue un objectif de long terme, alors que la seconde est un objectif de moyen terme. Du succès de la réforme interne dépend grandement l’amélioration du service aux usagers.

Syndicalement, notre préoccupation essentielle est bien évidemment ce qu’il ressort de ce séminaire pour les agents publics, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels.

Dans la quasi-totalité des thèmes, « la communication », « le numérique » et « la formation » semblent apporter des "solutions" à bien des problèmes. Ces grandes lignes directrices resteront vides de signification tant qu’il n’y aura pas derrière, un plan d’action lisible et des objectifs à la fois peu nombreux et clairement établis.

Nous ne parlerons pas de « l’amélioration du service public délivré aux usagers » qui résonne davantage comme un slogan politique que comme un véritable objectif.

Ne pas confondre réformes et objectifs… actions et outils

Réduire les inégalités de traitement dans notre administration est un objectif. Restreindre le nombre de cadres d’emploi, revoir les régimes indemnitaires, modifier les modalités d’avancement sont des réformes. Et ces réformes concourent à poursuivre l’objectif initial de réduire les inégalités de traitement. Ainsi, dans ces présentations, le gouvernement a-t-il parfois confondu objectifs et réformes.

Cependant, sans doute le gouvernement a-t-il bien du mal à définir une trame cohérente, lisible et compréhensible à partir de ces différents éléments, et nous le comprenons.

Nous pouvons donc légitimement nous interroger sur le travail fourni par ce « groupe d’experts » dont la composition officielle nous est totalement inconnue !

Nous attendions un document bien établi, dressant un constat bien étayé, un nombre restreint de grands objectifs comme ceux que nous avons tenté d’identifier, des projets de réformes pour atteindre ces objectifs, et bien évidemment, des éléments d’évaluation.

Finalement, le gouvernement livre six présentations hétéroclites, pas véritablement finalisées, dont certaines ne devraient pas donner lieu à débat car elles relèvent d’une vision strictement politique. C’est le cas par exemple de la collaboration institutionnelle et du périmètre d'action de l'administration. Il appartient au politique de définir sa vision.

Sur les quatre autres thèmes, deux concernent la relation à l’usager : la proximité avec les usagers et la simplification et la qualité du service public. Les deux derniers thèmes sont relatifs au regarde interne porté sur l’administration : le régime indemnitaire et les cadres d'emploi. A partir de cette "matière", difficile de tracer un chemin de réformes pour nourrir des objectifs.

« La communication », « la formation », « le numérique », « l’intelligence artificielle » ne sont que des outils. Ils ne constituent en rien des actions ! Là encore, il semble qu’à certains moments, règne une certaine confusion dans les présentations auxquelles nous avons eu accès.

Considérer que ces « outils » apportent des « solutions » revient à se bercer d’illusion. Un « outil » peut tout aussi bien construire que détruire. C’est l’utilisation qu’on en fait qui détermine sa pertinence.

La lecture des présentations donne la sensation que « le numérique » occupe une part prépondérante parmi les solutions. En réalité, cela peut tout aussi bien s’avérer un levier qu’un obstacle. D’autant, comme le reconnaît le gouvernement, que la fracture numérique est grande au Fenua.

Des incertitudes

Dès lors, nous sommes profondément dubitatifs sur la valeur ajoutée apportée par le « groupe d’experts ». Il est à espérer que ces présentations ne sont que de simples synthèses des ateliers. Dans ce cas, où est le travail des experts qui est pourtant supposé achevé depuis au moins janvier 2026 ?

Officieusement, nous avons appris que ces « experts » s’étaient une nouvelle fois réunis fin mars. Leur travail n’est donc visiblement pas aussi achevé que le Président le laissait croire en janvier dernier. D’autant que, d’après nos informations, ils devraient remettre un « schéma directeur » à Madame la Ministre en charge de la fonction publique au plus t**d en juin prochain… Or un schéma directeur est loin d’être un projet abouti. C’est juste une ligne directrice comme son nom l’indique.

Compte tenu de ce qu’il est possible de lire dans ces présentations, nous redoutons que ces « experts » ne viennent présenter une réforme dont les contours seraient déjà définis de longue date, sans tenir compte de ce séminaire. Ce ne serait malheureusement pas la première fois que les agents publics seraient ainsi bernés.

Eclairer la réflexion

Dans ce contexte, nous pourrions nous limiter à la critique car nous ne sommes pas mandatés pour nous substituer aux « experts ». Cependant, on nous objecterait sans doute que la critique est facile…

Aussi, sans trahir les concepts issus de ce séminaire, et par la seule exploitation des six présentations, nous avons essayé d’en extraire une approche plus claire et cohérente en se focalisant sur ce qui impacte vraiment les agents publics.

La lecture de ces six présentations fait ressortir trois grands objectifs internes :
1. Redonner du sens au service public ;
2. Réduire les inégalités de traitement entre agents ;
3. Permettre de véritables parcours professionnels.

Dès lors, quelles réformes se dessinent dans ces présentations pour atteindre ces objectifs ?

Redonner du sens au service public

Il conviendrait de mieux clarifier ce qu’est la fonction publique, et en définir une vision partagée par les agents publics. Les missions des agents doivent être recentrées sur ce qui ne relèvent que de l’intérêt public, afin d’éviter des positionnements ambigus, à la limite des actions commerciales. Pour développer le sens du service public, il est proposé d’instaurer une école de l’administration.

Réduire les inégalités de traitement entre agents

Le gouvernement considère que la réforme des cadres d’emploi et des régimes indemnitaires est incontournable. Il en va de même de l’homogénéisation des grilles salariales et de la valorisation des compétences, des expériences, et des risques.

Favoriser de véritables parcours professionnels

La formation permanente paraît incontournable, tout comme la mise en place de passerelles pour désenclaver certains cadres d’emploi aujourd’hui sans issue. Les évolutions de carrière (avancements, changement de grade, etc.) devraient reposer sur des critères justes, transparents et bien établis.

Voilà à peu près synthétisé, et mis en cohérence, ce qui transparaît de ces six présentations. Il ne s’agit en rien de notre positionnement ou de notre propre analyse.

Attendons maintenant patiemment le document final produit par le « groupe d’experts ».

Il est difficilement acceptable que la composition de ce « groupe d’experts » n’ait pas été publiquement présentée… voire discutée.

Il est difficilement compréhensible que ces « experts » n’aient jamais pris la peine de rencontrer les syndicats représentatifs de la fonction publique et qu’ils aient donc jamais débattu avec eux.

Ce manque de transparence affaiblit le rendu de ces « experts » avant même que celui-ci ne soit connu. Il crée également une défiance tout à fait naturelle, qui pèsera lourdement sans doute, lorsque les premiers projets de réforme pointeront le bout de leur nez.

Résumé des présentations…

Remarque liminaire

Le contenu des thèmes ne reflète pas forcément le positionnement de notre syndicat. Nous avons simplement tenté de rester fidèles à ce que nous avons lu dans les présentations réalisées par l’administration. Nous ne pouvons cependant pas garantir que le contenu de ces présentations reflète précisément celui des échanges qui ont eu lieu durant le séminaire.

Thème 1 - La collaboration institutionnelle

La visibilité semble manquer dans la répartition des compétences entre les différentes administrations (Etat, Pays, Communes), et la réglementation institutionnelle est perçue comme complexe. Dans ce contexte, la communication « administrative » est peu audible, peu visible et faiblement intelligible. La satisfaction des usagers passe donc vraisemblablement par une simplification des lourdeurs administratives.

Si la dématérialisation apparaît comme une solution évidente, elle se heurte à la fracture numérique jugée conséquente en Polynésie. La taille du Pays, ainsi que l’isolement de certaines zones géographiques, complexifient la fourniture du service public. Pour contourner ces difficultés et apporter le service public au plus près des populations, le gouvernement considère qu’il doit chercher à mutualiser les moyens des trois administrations. Il doit en outre former et sensibiliser ses agents.

Thème 2 - Le périmètre d'action de l'administration

Le périmètre de l’administration est à la fois large et mal connu. Il est étroitement lié à notre contexte géographique et il est jugé peu flexible car encapsulé dans un cadre réglementaire. Pour mieux faire connaître ce vaste champ d’activité, le gouvernement préconise de développer l’interopérabilité et de promouvoir la culture administrative en intégrant les valeurs culturelles polynésiennes. Pour maintenir un service public large, mais en rationnaliser la gestion, le gouvernement propose de renforcer les coopérations entre acteurs publics, mais également entre acteurs publics et privés.

Entre acteurs publics, il s’agit essentiellement de développer et fluidifier les échanges entre administrations et entre services, notamment en modernisant les pratiques administratives. Entre acteurs publics et privés, il s’agit de développer les délégations de services publics auprès du secteur privé. Le gouvernement propose de créer une « école de l’administration » afin de faire émerger une culture administrative et former à la déontologie. Les carrières des agents publics doivent être facilitées et davantage mises en valeur par le biais de la formation ainsi que par les mobilités externe et interne. Une nouvelle fois, le numérique semble la clef, notamment par le développement d’une plateforme numérique faisant office de guichet unique.

Thème 3 - La proximité avec les usagers

Le constat se résume à la lenteur, la complexité, les difficultés d’accessibilité et la méconnaissance de l’administration. Côté agents, le gouvernement met en avant une perte de sens du service public. L’enjeu essentiel serait de réduire la fracture sociale et d’abaisser l’insatisfaction des usagers. Pour autant, les obstacles sont nombreux, avec en premier lieu, l’étalement géographique et la « multiplicité » des langues.

Le gouvernement souhaite donc renforcer le lien avec les usagers ainsi qu’entre les services administratifs. Cependant, il considère que la résistance au changement des agents est un obstacle à surmonter. Pour y parvenir, le gouvernement semble vouloir miser sur la communication, la formation et une nouvelle fois, le numérique. Professionnaliser les agents et dématérialiser sont pressentis comme les meilleures pistes pour rapprocher les usagers du service public.

Thème 4 - La simplification et la qualité du service public

Pour le gouvernement, la formation des agents est insuffisante et l’amplitude des horaires de travail trop faible pour garantir une bonne qualité du service public. De plus, notre réglementation n’impose aucun délai de traitement vis-à-vis des demandes des usagers. Nos procédures sont considérées comme complexes et peu claires, ce qui affaiblit la communication avec les usagers. Pour autant, lorsque des avancées sont obtenues, elles, ne sont pas valorisées.

L’égalité de traitement des usagers demeure l’enjeu fondamental. Pour y parvenir, les agents devraient donc apprendre à maîtriser les procédures, afin notamment d’assurer des réponses précises et rapides. L’administration doit donc standardiser et simplifier ses procédures comme ses normes, afin qu’elles soient plus claires et plus accessibles. Le gouvernement considère important de sensibiliser les agents et de les former. Ces formations doivent porter autant sur l’accueil et la communication que sur les métiers réellement exercés. Ainsi les agents doivent-ils être davantage professionnalisés. Les outils numériques et l’Intelligence Artificielle, sont perçus comme des pistes à explorer pour rendre plus efficient le service public. Une fois encore, une plateforme unique et centralisée de téléservices apparaît comme un moyen de simplifier les relations entre usagers et administration.

Thème 5 - Le régime indemnitaire

Le régime indemnitaire actuel est perçu comme complexe, inéquitable et inadapté. Si certaines primes prennent en considération la technicité et la responsabilité, le risque n’est quant à lui pas encore indemnisé. Il en va de même pour l’expérience et la qualification. Derrière ce dispositif, se pose le problème de la fidélisation du personnel et sa motivation. Notre administration voit partir ses talents et peine à en attirer.

Les objectifs d’une réforme seraient de maintenir des agents motivés, d’atténuer les résistances au changement et ainsi d’espérer une meilleure qualité de service. Bien évidemment, pareille réforme chercherait également à attirer et fidéliser des talents. Il est donc préconisé de recenser toutes les indemnités existant aujourd’hui, quelles que soient leurs natures, et d’entrevoir un nouveau système plus équitable et transparent. Le gouvernement n’envisage une réforme que si elle est soutenue par les partenaires sociaux. Par ailleurs, une attention très particulière sera apportée au coût financier d’une éventuelle réforme.

Thème 6 - Les cadres d'emploi

Le système actuel est considéré comme complexe, rigide et inéquitable. Avancements, changements de grade, grilles de rémunération, reprises d’ancienneté, valorisation des diplômes, etc., autant de sujets sur lesquels des inégalités substantielles sont perçues. Au-delà de ces disparités, si certains cadres d’emploi bénéficient de passerelles (souvent à sens unique), il est globalement peu facile d’évoluer et de se construire une carrière riche dans l’administration.

Le gouvernement souhaite donc « simplifier l’architecture des cadres d’emploi dans une approche stratégique et prévisionnelle des parcours professionnels ». (Nous reproduisons ici in extenso ce qui est écrit dans la présentation. Cela donne un aperçu du « verbiage » utilisé et de la difficulté d’y raccrocher des concepts très concrets 😉) Pour y parvenir, il faudrait donc clarifier et harmoniser les règles relatives aux carrières et garantir que l’évolution ne se traduise pas par une perte de droits ou de reconnaissance. A partir d’un état des lieux, il est a priori proposé de regrouper certains cadres d’emploi, d’ajouter des catégories intermédiaires pour mieux valoriser certaines expertises et instaurer des passerelles inter filières. Les grilles de rémunération devraient être mises en cohérence et les règles de reprises d’ancienneté harmonisées. Pour y parvenir, il est proposé d’établir des instances de concertations et des réunions de travail.

Mars 2026 - Par alchimie, les ISS deviennent du ventDans l’un des services du Pays, les Indemnités de Sujétions Spéciale...
13/03/2026

Mars 2026 - Par alchimie, les ISS deviennent du vent

Dans l’un des services du Pays, les Indemnités de Sujétions Spéciales (ISS) qui compensent les contraintes de travail, sont détournées pour tromper techniciens et ingénieurs lors de leur recrutement. Ces ISS sont également utilisées pour contourner le dispositif des astreintes et des heures supplémentaires, notamment lors des opérations de nuit. Pire, elles ont été transformées en prime de rendement via des promesses de révisions jamais concrétisées… Les agent se voient systématiquement fixer de nouveaux objectifs pour espérer bénéficier d’un niveau indemnitaire proche de celui initialement promis. Pour les jeunes, c’est la double peine, leur ISS est réduite de moitié à travail équivalent.

Je m'appelle Teiho, mais mon histoire ressemble malheureusement à celle de beaucoup de mes collègues, qu'ils s'appellent Teva, Hinano, Marc ou Sybille (prénoms d’emprunt).

Lorsque j'ai été recruté comme Agent Non-Titulaire (ANT) pour participer à des projets d'envergure du Pays, mon enthousiasme était immense. J'avais à cœur de mettre mes années d’études et mes compétences au service de notre administration et plus largement de mon Pays.

Lors de mon entretien d’embauche, la promesse d'une Indemnité de Sujétions Spéciales (ISS) d'un niveau très attractif avait achevé de me convaincre. Je me sentais valorisé, et j'ai "signé" mon contrat en pleine confiance.

La désillusion est arrivée très vite, glissée dans ma première fiche de paie. Le montant de mon ISS correspondait à peine à la moitié de ce qui m'avait été annoncé ! A ma demande d’explications, il me fut répondu de ne pas m'en faire et qu’il s’agissait là d’une « procédure normale pour les trois premiers mois », le temps que je « fasse mes preuves ».

Je me suis donc donné pleinement, attendant patiemment ma quatrième paye. Et là, même à Tahiti la do**he peut se révéler froide. Le montant de mon ISS n'avait pas bougé ! Cette fois, l’explication reposait sur le fait que je n'avais, a priori, « pas entièrement donné satisfaction ».

Le coup de grâce est tombé lorsque j'ai enfin pu consulter mon arrêté d'attribution des ISS. Ce document qui fait foi juridiquement, stipulait un groupe d’ISS correspondant à la moitié du montant qui m’avait été promis au moment de mon recrutement. La parole donnée avait été emportée par le mara’amu.

L’amertume financière est une chose, mais la profonde sensation de trahison est pire encore. Elle est renforcée par le sarcasme de l’impuissance, et par l’inutilité de mes investissements quotidiens.

Dans mon service, les urgences ne s'arrêtent ni à la porte du bureau, ni lorsque sonnent 15h30. Notre hiérarchie nous demande régulièrement d'assurer des astreintes et de faire des heures supplémentaires, notamment lors de nos déplacements sur le terrain.

Cependant, ces contraintes lourdes ne nous sont jamais rémunérées. Il existe pourtant dans notre administration un régime des astreintes qui s’appliquerait de plein droit pour nous. Il existe également une réglementation autour des heures supplémentaires qui, là encore, devrait être effective. Mais non, rien.

Notre directeur considère que nos « demies ISS » sont là pour couvrir tous les dépassements, sans aucune limite. Une fois encore, les engagements verbaux n'ont pas résisté à l'épreuve des faits.

Face à cette situation, certains contractuels ont exploité une faille dans le système pour tenter de récupérer une partie de leur dû…

Dans ce service, comme dans presque tous les services du Pays, et par simplicité, les congés des Agents Non-Titulaires sont traités comme ceux des fonctionnaires. Cela signifie qu’on nous attribue en début d’année l’intégralité des congés, comme cela se fait pour la très grande majorité. Cela simplifie grandement le suivi des congés pour les responsables des ressources humaines.

Mais en réalité, la règle administrative n’est pas la même pour tous ! Si les fonctionnaires voient leurs congés attribués intégralement en début d’année, nous, ANT, les cumulons au fur et à mesure de notre présence…

Alors, certains de mes collègues ANT lésés ont profité de cette faille pour déposer de longues périodes de vacances dès le début d’année. Ils ont ainsi consommé des congés qu’ils n’avaient légalement pas encore accumulés… puis, ils ont démissionné dans la foulée.

Ils ont ainsi trouvé le moyen d’être payé durant des congés annuels auxquels légalement ils ne pouvaient pas prétendre. En démissionnant rapidement, ils ont récupéré une partie de ce qu’on leur avait promis.

En constatant ces démissions, la Direction des Talents et de l’Innovation a rapidement pointé du doigt le problème. Mon service a été rappelé à l’ordre et cette information s’est répandue dans le reste de l’administration.

L’absence de parole d’un directeur est venue non seulement pénaliser le fonctionnement même du service en créant un turn-over non anticipé, mais en plus, il pénalise tous les services dans lesquels le traitement équivalent des congés pour les ANT et les fonctionnaires n’avait jamais posé de problèmes.

L’histoire pourrait s’arrêter là, cependant notre directeur est plein de ressources lorsqu’il s’agit de créer de l’incertitude et faire de micro-économies. Désormais, ce sont les agents titulaires qui sont sur le grill.

Pour cela, il compte bien profiter des faveurs apportées par l’arrêté n°2 264 CM du 17 novembre 2025. Cette référence ne vous dit rien, n’est-ce pas 😊 ? C’est normal, elle ne me disait rien à moi non plus, c’est mon syndicat qui m’a alerté. Cet arrêté est venu modifier l’arrêté 2 805 CM du 19 décembre 2022 qui encadre l’attribution des ISS.

Désormais, l’article 12 de ce dernier arrêté indique que « Le montant de l'indemnité fait l'objet d'un réexamen à l'initiative de l'autorité d'emploi :
--En cas de changement de grade à la suite d'une promotion ;
--En cas de changement de fonctions ou de modification des sujétions réellement supportées ;
--Annuellement à l'occasion de l'entretien de notation ;
--Au moins tous les trois ans, en l'absence de changement de fonctions et au vu de l'expérience acquise par l'agent. »

Quelle magnifique possibilité de révision offre désormais cet arrêté ! Les notations devant être achevées fin mars, notre directeur semble s’être donné pour tâche de réviser la grille des ISS du service… à la baisse… cela va de soi, et sous couvert de rentabilité.

Seulement il semble ne pas avoir compris, ou peut-être se refuse-t-il simplement de le reconnaître, que les ISS ne sont pas des primes de rendement ! Elles sont liées au poste occupé et à la fonction assumée.

Sans changement de poste et sans changement de fonction, il ne devrait pas y avoir de changement de niveau d’ISS.

Mais la lecture de notre directeur semble bien différente. Pour lui, une baisse de rentabilité, un manque de docilité, quelques avis contradictoires et hop… il y a suffisamment d’arguments pour justifier une baisse des ISS.

Notre tutelle est sans aucun doute au courant de ces "aménagements", puisque des agents soutenus par le Syndicat de la fonction publique ont déjà réussi à faire condamner les pratiques de ce directeur en matière d’ISS devant la juridiction administrative. Comme quoi, même dans une forme de "délinquance administrative", on peut être récidiviste !

Pour ma part, j'ai fini par jeter l'éponge. Epuisé, écœuré, j’ai assez rapidement trouvé de quoi rebondir dans le secteur privé et j'ai déposé ma démission avec un gros soulagement.

Pour l’heure, dans le privé, pas de fausse promesse. Tout a été écrit dans mon contrat. Je n’ai pas à craindre de découvrir dans quelques mois un document dans lequel le niveau de mes primes correspondrait à la moitié de ce qui m’a été promis. Congés, primes, astreintes, heures supplémentaires, déplacements, toutes les situations sont scrupuleusement écrites et rémunérées.

Pointer du doigt le comportement de ce directeur n’apporte que peu de satisfaction, car je me doute que cela ne changera pas grand-chose. Cependant, sa gestion humaine crée de la détresse, des démissions, et fini par pénaliser l’avancée de certains projets.

Il me paraissait également important que ces comportements soient rendus publics afin que les futures recrues soient prévenues et que les responsables de notre administration ne se dissimulent pas une nouvelle fois derrière un nième « on ne savait pas ».

Une administration performante a besoin du dévouement de ses équipes, mais elle ne pourra jamais retenir ses talents en cultivant la défiance et la déloyauté.

En tant qu’enfant du Pays, je quitte l’administration avec un goût amer.

Adresse

BP 42105
Papeete
98713

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