13/04/2026
Faut-il vraiment engager tous les parcours VAE ?
La VAE attire.
On parle de reconnaissance. D’expérience valorisée. De diplôme sans formation.
Sur le papier, ça paraît accessible non ?
Dans la réalité, c’est autre chose.
Tous les parcours ne vont pas au bout. Les abandons en VAE sont loin d’être marginaux. Dans certains contextes, ils concernent une part importante des parcours engagés.
On explique souvent ça par la motivation. Ou par le manque de temps. Ou par les contraintes du quotidien.
C’est vrai.
Mais ça ne suffit pas.
Si tu envisages une VAE, il y a quelque chose (parfois de difficile) à entendre
Et pas toujours facile à accepter.
Beaucoup savent faire.
Ils travaillent. Ils tiennent leurs situations. Ils s’adaptent.
Parfois depuis des années.
Mais la VAE ne consiste pas seulement à raconter son expérience.
Il faut pouvoir s’arrêter dessus.
Revenir sur ce que l’on fait. Dire pourquoi, et pas seulement comment. Mettre des mots sur des choix qui, jusque-là, allaient de soi.
Ce passage-là, il ne va pas de soi.
Certains y entrent progressivement.
D’autres butent dessus.
Sans toujours comprendre pourquoi.
Ce n’est pas un manque de valeur.
Ni un manque d’expérience.
C’est un seuil.
Le moment où l’expérience ne suffit plus.
Le moment où il faut commencer à penser son travail.
Quand ce seuil n’est pas encore franchi, le parcours ne s’arrête pas forcément.
Il continue.
Mais il devient difficile à tenir.
Ça se voit dans le travail entre les séances. Dans la manière d’aborder le référentiel. Dans l’écriture.
Ça avance.
Mais ça ne tient pas vraiment.
Si tu es dans cette situation, ce n’est pas forcément le bon moment.
Pas dans ces conditions.
Parfois, il faut différer.
Reprendre autrement.
Prendre le temps de construire ce qui manque.
Et parfois, au contraire, les choses s’ouvrent.
Un moment où ça s’éclaire. Où ce que l’on faisait devient plus lisible. Plus structuré.
C’est souvent discret.
Mais ça change la suite.
La VAE repose sur une exigence simple.
Rendre son travail pensable.
Pas juste le raconter.
Le penser.
Et cela demande des conditions.
Du temps. Un engagement réel. Une capacité à revenir sur son expérience.
Quand ces conditions sont là, le travail avance.
Quand elles ne le sont pas, …ça part en cacahouète !
Ce constat ne concerne pas seulement les candidats.
Il concerne aussi ceux qui orientent vers la VAE.
Prescrire un parcours ne suffit pas.
Encourager non plus.
Encore faut-il regarder si les conditions sont réunies.
Pas seulement l’expérience.
Mais la manière dont la personne peut s’en saisir.
Sinon, on met en mouvement des démarches qui ne tiennent pas.
Et l’on renvoie ensuite la difficulté du côté du candidat … quand ce n’est pas du côté de l’accompagnateur en VAE
Alors qu’elle tient souvent à un décalage.
Entre ce que la VAE demande.
Et ce qui est réellement possible, à ce moment-là.
Tous les parcours VAE ne sont pas à engager immédiatement.
Et peut-être que l’enjeu n’est pas d’en faire entrer plus.
Mais de permettre à chacun d’y entrer au bon moment.
Avec des conditions qui permettent au travail de tenir.
Un peu plus justement.