29/03/2026
Il y a longtemps, j’ai appris à porter.
Porter les autres, leurs blessures, leurs silences, leurs douleurs…
Comme si c’était à moi de réparer, de comprendre, de sauver.
Je pensais que c’était ça, aimer.
Puis un jour, j’ai compris autrement.
En traversant ce carême, j’ai ressenti quelque chose de plus profond que tout ce qu’on m’avait appris.
J’ai compris le passage de Gethsémani… pas avec ma tête, mais avec mon cœur.
J’ai compris que même Jésus-Christ a connu ce moment de solitude,
ce moment où le poids devient trop lourd,
où l’on voudrait que quelqu’un reste, comprenne, soutienne…
mais où, au final, le chemin se traverse presque seul.
J’ai compris qu’il avait porté un poids immense…
mais que ce poids-là n’était pas une invitation pour moi à porter celui des autres.
Parce que moi, pendant longtemps, je me suis perdue.
À vouloir sauver.
À vouloir être celle qui comprend tout, qui pardonne tout, qui absorbe tout.
Et comme lui, j’ai connu le rejet.
Être accueillie, puis mise de côté.
Être aimée, puis trahie, comme avec Judas Iscariot.
Et croire, à certains moments, que ça faisait partie du “prix à payer”.
Mais non.
Aujourd’hui, je comprends autre chose.
Porter sa croix, ce n’est pas se sacrifier pour les autres.
Ce n’est pas s’oublier.
Ce n’est pas accepter l’inacceptable.
Porter sa croix, c’est traverser ses propres épreuves,
rester debout dans ses vérités,
et surtout… ne plus prendre ce qui ne nous appartient pas.
Je n’ai pas à sauver.
Je n’ai pas à réparer.
Je n’ai pas à porter le monde.
Même lui a montré le chemin… sans jamais forcer personne à le suivre.
Alors aujourd’hui, je choisis autrement.
Je rends ce qui ne m’appartient pas.
Je garde mon cœur ouvert… mais plus au détriment de moi-même.
Je marche, même dans la solitude, même dans le doute.
Parce que je sais maintenant…
qu’après chaque nuit, après chaque épreuve, après chaque croix portée avec conscience…
il y a toujours une résurrection.