10/01/2026
HOMMAGE AUX PAYSANS 🌾🐥🦆🐑🌾
Je suis fille de paysan.
Est-ce que je peux dire que j'en suis fière ?
Oui
Pourquoi j’ai envie de l’écrire publiquement aujourd’hui ?
Parce que cela n'a pas été toujours le cas, loin de là.
Parce que j'ai besoin de l'affirmer haut et fort, pour réparer de nombreuses années de honte.
Parce que je ne veux plus me cacher, je ne veux plus me taire.
J'ai grandi avec la honte d'habiter dans une ferme, la honte de ce métier choisi par mon père, le métier de mes grands-pères, arrière grand-pères ….
J'ai grandi dans la honte de mes origines, la honte de qui je suis.
Bouseux, culs-terreux, péquenauds, ploucs, beaufs, rustres, et plus anciennement vilains.
Voilà ce que le monde me renvoyait et ce contre quoi j’ai lutté en dissimulant mes origines.
Je me suis coupée de mon histoire, séparée d’une partie de moi.
« Les paysans nourrissent le monde, sans eux, on ne pourrait pas manger, on ne pourrait pas vivre. Au contraire, sois fière ! » m’a un jour dit ma psy. Oui parce que grandir avec la honte, ça ne conduit pas au bien-être et à l’épanouissement.
A l’époque, ces paroles je ne les ai pas reçues.
Il y a quelques jours, j’ai entendu à peu près les mêmes mots et cette fois, je me suis laissée toucher.
Il est temps de réhabiliter le monde paysan.
Quoi de plus noble que le travail de la terre pour nourrir le monde ?
La honte je l’ai héritée des siècles de soumission du monde paysan, aux seigneurs, aux lois nationales, aux marchés économiques mondiaux.
Papa, aujourd’hui je te vois. Je vois l’homme sensible que tu étais. Tu aimais la nature, tu aimais tes animaux, tu aimais ta Terre. Tu t’indignais de l’incohérence dans laquelle tu étais pris. Ton cœur savait le poison de l’agriculture intensive.
Il est temps que chaque être retrouve son pouvoir et son autorité intérieure.
Papa, nous n’avons pas su garder la ferme, mais je promets de ne plus avoir honte et de porter haut et fort les valeurs au service du vivant.
Il est temps que les agriculteurs redeviennent des paysans.