05/12/2025
Refuser de reconnaître la maladie puis contester le soin : un paradoxe tragique dont le patient paie le prix. Merci aux médecins psychiatres qui, malgré ces obstacles culturels, restent engagés pour le bien-être de leurs patients.
Dans les cabinets de psychiatrie en Tunisie ou ailleurs, on se heurte souvent à une colère parentale paradoxale :
les mêmes familles qui refusent de reconnaître la souffrance psychique de leurs enfants s’offusquent ensuite que le psychiatre les prenne en charge… alors qu’ils ont plus de 18 ans, donc légalement autonomes. Alors ils débarquent au cabinet et déclenchent un scandal au point de vouloir séquestrer le patient pour soit-disant le protéger des calomnies des voisins s'ils apprennent que leur enfant bien aimé consulte le toubib des "fous".
Cette réaction trouve son origine dans un phénomène bien connu : un déni culturel persistant des maladies psychiatriques.
Plutôt que de considérer la prise en charge médicale comme légitime, beaucoup de familles préfèrent d’abord recourir au charlatan du coin , des cheikhs spécialisés en psychologie mystique, ou des “coachs de vie” improvisés, considérés à tort comme des solutions plus “acceptables” que la psychiatrie.
Pendant des années, ils diagnostiquent tout sauf la réalité : c’est le mauvais œil, c'est les jnouns, c'est les sorcelleries de la voisine aigrie, c’est le Wi-Fi, c’est le téléphone, c’est pas grave, normal… juste un peu “stress”.
Le résultat est une contradiction frappante :
on refuse de reconnaître la maladie, mais on s’autorise à contester le soin. On nie le problème, mais on exige le contrôle avec des hrouz, les conseils des cousines qui a tout traité avec le romarain, scarifications, attouchements ou salive bénite des charlatans à la théière d'Aladin!
On assiste alors à une tension entre : le droit du patient au soin et à la confidentialité, et la réalité culturelle où l’ingérence sociale se mêle au déni de la santé mentale. Et devinez qui est la seule victime?
Bingo! C'est le patient.