21/03/2026
"J’ai mal à la tête." 🤯
Dit comme ça, ça a l’air banal.
Presque anodin.
👉 Un Doliprane, un café, et on n’en parle plus.
👉 Sauf que moi, ça fait plus de 3 mois que j’ai mal à la tête.
Tous les jours.
❌ Pas une “petite gêne”.
❌ Pas un “mal de tête de fin de journée”.
👉 Une douleur là tout le temps.
La plupart du temps, je suis entre 4 et 6 / 10.
Et souvent, quand je dis ça, on me répond :
👉 “Ah oui ça va, c’est supportable.”
Supportable ?
Oui.
Vivable ?
C’est une autre histoire.
Parce que 4-6… mais tous les jours,
ce n’est pas que 4-6.
👉 C’est une usure.
👉 Une fatigue de fond.
👉 Un bruit constant dans le corps.
👉 Une charge invisible.
Et parfois…
Ça monte.
👉 8.
👉 9.
👉 10.
La nuit.
Au réveil.
Dans la journée.
Sans prévenir.
👉 Et là, je me retrouve à chercher :
❓Qu’est-ce que j’ai fait de trop ?
❓Est-ce que je ne me suis pas assez reposée ?
❓Est-ce que j’ai voulu en faire “juste un peu trop” ?
❓Même une simple balade de 45 minutes avec mon chien…
Est-ce que c’était déjà trop ?
😓 Spoiler :
je ne sais pas toujours.
Et c’est aussi ça qui épuise.
Parce que la douleur chronique, ce n’est pas juste la douleur.
👉 C’est l’effet domino.
◾Moins d’énergie
◾Moins de capacité
◾Moins de tolérance
◾Moins de “marge”
Mais aussi :
◾un cerveau qui s’embrouille
◾des difficultés à se concentrer
◾des moments où je cherche mes mots
◾une sensation de lenteur mentale
◾parfois, l’impression de “perdre” un peu mes capacités
👉 Et dans le corps :
◾des tensions qui s’accumulent
◾une fatigue physique permanente
◾un système nerveux qui reste en alerte
◾une difficulté à vraiment récupérer
◾une hypersensibilité sensorielle qui s’accentue (bruits, lumière, sensations… tout devient plus intense)
◾des difficultés de coordination et de motricité encore plus présentes
(déjà là chez moi… mais clairement accentuées). Là où d’habitude j’arrive à compenser avec de la concentration…là, je n'y arrive plus...
👉 et je redeviens encore plus maladroite que d’habitude
(mode Gaston Lagaffe ++ activé)
👉 Et puis, il y a quelque chose d’encore plus déroutant.
Dans mon fonctionnement habituel, je suis déjà très peu connectée à certaines sensations internes. (hyposensible sur mon 8eme sens qu'est l'interoception)
Je ne perçois pas la faim, pas la soif…et la douleur, en dehors de certaines douleurs spécifiques, je la perçois très peu
👉 Donc ça, ce n’est pas nouveau
👉 Mais certaines douleurs, elles, je les perçois bien… notamment les douleurs digestives, les règles…
et les migraines 🤯
Donc oui, la douleur est bien là
réelle, présente, parfois très intense.
Mais avec ces migraines quotidiennes, ce qui est compliqué,
ce n’est pas de savoir que j’ai mal.
👉 C’est de savoir précisément
où j’en suis, dans l’instant
◾ à combien sur 10
◾ si ça monte
◾à quel moment ça bascule
❓Parfois, on me demande :
“tu es à combien ?”
et ma réponse, c’est :
“attends… laisse-moi un peu de temps pour sentir”
👉 Parce que j’ai besoin de me poser, de couper les stimulations,
presque d’être en “diète sensorielle”
pour réussir à percevoir plus finement
👉 Et parfois, c’est le corps en mouvement qui me le révèle
comme en marchant, où je réalise après coup :
“ah… en fait j’ai mal”
👉 Et parfois, à l’inverse, je peux avoir l’impression que ça va mieux…
alors que la douleur est déjà bien là
👉 juste… je n’y ai pas encore pleinement accès.
Ce qui crée un vrai décalage
entre ce que mon corps vit
et ce que je perçois, dans l’instant
👉 J’ai mal, mais je n’ai pas toujours accès à “combien” et à “quand”.
👉 Ça se voit que je suis fatiguée.
Les traits tirés, les cernes… ça ne trompe pas.
❌ Mais voir la fatigue, ce n’est pas comprendre la douleur.
Et la douleur, elle, reste largement invisible.
👉 Je continue à fonctionner.
Mais souvent en mode survie.
◾Faire le minimum nécessaire du quotidien
◾M’ancrer dans des gestes essentiels
◾M’occuper des animaux
◾Sortir prendre l’air
◾Cuisiner un peu
◾Respirer, vraiment respirer
◾Faire mes exercices pour redescendre (vagal ventral)
◾Masser ma mâchoire
◾M’étirer
Et tout ça…
👉 c’est déjà un travail à temps plein.
👉 Je suis en arrêt de travail depuis 2 mois.
Et malgré ça :
◾les rendez-vous médicaux
◾les examen
◾les débuts de traitement
◾mon hygiène de vie stricte
◾mon sérieux dans l'application des conseils et exercices
❌ Rien n’a vraiment changé pour l’instant.
🤯 Je continue à avoir mal à la tête.
Tous les jours.
Sans savoir encore vraiment où je vais.
👉 Et ça a des conséquences très concrètes, parce que les traitements de crise (type triptans),
il faut les prendre au début de la crise pour qu’ils soient efficaces
Sauf que moi :
◾j’ai déjà mal tous les jours
◾ et je ne perçois pas toujours clairement quand ça augmente
👉 Résultat :
◾je mets du temps à réaliser que ça monte
◾et souvent… je le prends trop t**d
👉 Donc forcément : l’efficacité n’est pas optimale
👉 Et puis il y a une autre réalité, les triptans, je ne peux pas en prendre comme je veux
✅ maximum : 8 par mois
Et là, mon cerveau bug un peu.
👉 8 par mois…
alors que j’ai mal à la tête tous les jours ?🤯
👉 Donc concrètement : je dois choisir mes crises
Celles où ça monte vraiment trop.
👉 8
👉 9
👉 10
👉 Mais même là :
◾encore faut-il sentir que ça monte
◾et le sentir à temps
👉 Et pendant ce temps-là…j’ai bien plus que 8 jours difficiles dans le mois
Donc je fais des choix.
Et à côté de ça : l’ibuprofène m’aide… mais maintenant, il me donne mal aux reins (côté droit)
Donc même ce qui fonctionnait avant devient compliqué.
❓Et le traitement de fond ?
👉 pour l’instant, pas d’effet.
La douleur, elle, est toujours là.
Tous les jours.
👉 Je ne gère pas juste la douleur…
je dois aussi gérer quand j’ai le droit de la traiter.
Alors oui,
◾Je dors bien.
◾Je garde le moral.
◾Je ne pars pas (trop) dans l’angoisse ou les ruminations.
👉 Et ça, je sais que c’est une chance.
Parce que ce n’est pas le cas de tout le monde.
Mais même avec ça : c’est épuisant.
Parce que si je m’effondrais, ce serait peut-être plus compréhensible.
Mais non.
Je suis debout.
👉 Et j’ai mal.
Tous les jours.
❌ Alors non, ce n’est pas “juste un mal de tête”.
◾C’est un système nerveux en surcharge.
◾Un corps qui n’arrive plus à redescendre.
◾Un équilibre qui s’est déréglé.
👉 Et c’est aussi :
◾apprendre à ralentir sans culpabiliser
◾apprendre à s’écouter quand tout pousse à continuer
◾apprendre à vivre… autrement
Avec un peu d’humour noir :
👉 “Aujourd’hui, je suis à 5/10… alors j’en profite, c’est presque une bonne journée.
(On verra dans deux heures.)”
Oui. On en arrive là.
👉 Si vous vivez ça, vous aussi :
◾Vous n’exagérez pas
◾Vous n’êtes pas “trop sensible”
◾Vous n’êtes pas faible
👉 Vous vivez quelque chose de réel, intense, et épuisant.
👉 Parce que certaines douleurs
ne se voient pas.
Mais elles prennent toute la place.