03/08/2026
To celebrate International Womens Day we would like to celebrate our ispiring community member Christine.
AYM wants to raise funds for for beautiful strong women like our Christine diagnosed with breast cancer.
To donate -https://cureiwd.crowdchange.ca/128958
L’intrus -- par Christine Brault
C’est comme ça je le l’appelais, que je le nommais quand j’en ai parlé à mon fils, une fois le diagnostic reçu. Un intrus s’était logé dans mon sein gauche. Je ne sentais rien, absolument rien. Il avait été découvert grâce à une échographie du sein droit duquel on suspectait une bosse (9 mois avant lors d’une mammographie), alors l’infirmière a décidé d’y aller avec le gauche, autant en profiter. C’est là que oups… une petite masse étrange est apparue. Plus t**d, biopsie puis… bang « madame vous avez un cancer ». Une rivière jaillissait de mes yeux alors que je pédalais sur mon vélo pour me rendre où était mon fils avec son beau-père.
Je n’en savais pas plus. La médecin qui m’était totalement inconnue, m’a donné une enveloppe avec le diagnostic. Le lendemain, nous quittions pour un symposium à l’entrée de la Gaspésie, l’art ne me permettait pas d’oublier mais plutôt de vivre ce moment (où j’avoue avoir crié plus d’une fois) en créant, pour le public, pour nous, pour moi. Je n’ai ouvert l’enveloppe que quelques jours plus t**d, à mon retour. Je l’ai lue, me suis mise à chercher sur l’internet pour connaître la gravité de mon intrus. Ça m’a rassurée, stade 2. Quelques semaines plus t**d, j’ai rencontré le médecin chirurgien qui allait me sauver la vie. Mastectomie complète ou partielle… on ignorait pour l’instant. Quelques mois plus t**d, le 9 novembre 2007, il m’a retiré l’intrus accompagné de toute son armée de micros intrus. À mon réveil, Dr Otaky m’a révélé qu’il m’avait enlevé toute la partie supérieure du sein gauche. Des larmes ont coulé. Le lendemain, je suis allé marcher avec ma cousine-sœur-amie chérie. Je n’avais même pas mal, sensible oui, mais peu de douleur. Je me sentais libérée.
Vinrent ensuite les rencontres avec un oncologue, le jugement pour « avoir attendu si longtemps », les statistiques, les recommandations de traitements. J’ai changé d’oncologue, pas de chimio mais 5 semaines de radiothérapie puis le tamoxifen… difficile à tolérer, mon corps n’apprécie pas trop le chimique. Quelques mois après le traitement radioactif, j’ai débuté le yoga, doucement, je prenais soin de ce corps qui me permettait de continuer, de vivre, pour moi, pour mon fils, pour la vie, chaque jour étant un cadeau (pas toujours facile mais possible).
Je n’ai jamais arrêté l’art, cette expérience du cancer du sein m’a toutefois poussé à m’exprimer davantage à travers ce corps, à l’aimer avec cette cicatrice qui orne mon sein gauche, la flèche au cœur. L’art performance est devenu pour moi une source de résistance, de force de mémoire et de fierté. J’ai poursuivi la pratique du yoga qui m’occupe encore plus qu’avant, elle aussi m’a sauvée. Je ne suis pas une sur-vivante, je suis une vivante. Un jour à la fois.
💕