26/02/2026
Il vient me voir après un mois où tout a failli basculer.
D’abord la chienne. Quatre mois. Des convulsions. L’urgence. La peur brute, animale.
Puis, quelques jours plus t**d, sa femme.�La nuit. Elle ne peut plus se lever. Il allume la lumière et, en une seconde, il comprend que c’est grave.
À l’hôpital, un chiffre tombe. Trop bas. Le corps qui lâche.
Et lui… lui qui vit en “trouver une solution”,�se retrouve face à quelque chose qu’il ne peut pas réparer.
Alors il fait ce qu’il sait faire.�Il tient.�Il organise.�Il avance.
Mais quelques jours plus t**d, sa peau s’ouvre.
Des plaques. Des démangeaisons. Une inflammation qui ne cède pas.
Comme si le corps disait :�« Je ne peux pas porter ça tout seul. »
En séance, je lui demande ce que ça fait de ne pas pouvoir maîtriser.
Il répond sans détour :�« Ça me rend triste. C’est inconcevable pour moi. »
Inconcevable.
Alors on remonte plus loin.
Une mère qui répétait :�« Il faudra que tu te débrouilles seul. »
Des parents âgés.�La mort jamais très loin.�Et très tôt, une mission : être solide. Être utile. Être celui qui tient.
Il a réussi. Brillamment.
Mais quand la peur monte et qu’elle n’a pas le droit d’exister, le corps finit par parler.À la fin de la séance, il me parle des chevaux.
Là, dit-il, on ne peut pas tricher.�Ils sentent tout.
Et je vois bien que c’est ça qui l’émeut.�Être vu sans armure.
Je lui propose alors quelque chose de simple :�dire à sa femme qu’il a eu peur. Pas en héros. Pas en organisateur. Juste en homme.
Il hésite. Puis il le fait.
Il me racontera plus t**d la scène. Une cuisine. La fin de journée. Rien de spectaculaire.�Il lui dit :�« Je crois que j’ai vraiment eu peur de te perdre. »
Il ne cherche pas à rassurer.�Il ne propose pas de solution.�Il reste là.Il me dira que c’était inconfortable.�Et étrangement apaisant.
À la séance suivante, il s’assoit, parle d’autre chose, puis ajoute presque distraitement :
« Au fait… ça va mieux. »
Les plaques ont pâli.Les démangeaisons ont diminué.
Quelques semaines plus t**d, sa peau est redevenue lisse.
Il n’a pas cessé d’être fort.
Il a simplement cessé de porter seul ce qu’il retenait.